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2014-11-30 GAGNON Conrad

 
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Loly
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MessagePosté le: 2015-01-01, 14:40    Sujet du message: 2014-11-30 GAGNON Conrad Répondre en citant

 
 
Émission du 30 novembre 2014 Invité: M. Conrad Gagnon
 
Bonjour à Mme Normay St-Pierre (animatrice), à M. Jean-Paul L'Heureux (son collaborateur) et à leur invité, M. Conrad Gagnon.
 
 
 
 D'entrée de jeu, Normay nous parle du fait qu'elle connaît son invité depuis la fin de l'année 1991 sans jamais toutefois avoir su son histoire, son passé, avant tout récemment.
 
 
 
 La mère d'origine de M. Conrad Gagnon était âgée de 14 ans, à sa naissance, et était native de l'Abitibi.  Elle a accouché à l'Hôpital de la Miséricorde de Montréal.  Il n'a été adopté officiellement qu'à l'âge de 14 ans.  Pourquoi si tardivement, dans sa vie?  Dans ses antécédents sociobiologiques, il était indiqué qu'il était issu de liens de consanguinité (sa mère et son père) ce qui était un facteur défavorable pour l'adoption car, à cette époque, on a décidé que Conrad risquait d'avoir un retard mental dû à la consanguinité ce qui faisait de lui une personne «non adoptable».  La grand-mère de M. Gagnon avait fait une description du père naturel en supposant bien que c'était un de ses fils qui avait mis sa fille enceinte et celle-ci ne l'avait pas démentie.
 
 
 
 M. Gagnon a donc vécu dans 13 foyers nourriciers, 24 placements en foyers d'accueil et 4 institutions.  Dans 90% des foyers d'accueil, M Gagnon nous mentionnait qu'il a été bien traité mais il était toujours tout de même dans ses valises.  Il a été jusqu'à l'âge de 4 1/2 ans à la Miséricorde.  Ensuite,  il a été 1 1/2 an à la Crèche St-Paul et ensuite 6 mois à la Crèche St-Michel.
 
 
 
 Une famille nommée Gagnon sortait Conrad du centre d'accueil, les fins de semaine.  Ces gens sont déménagés dans l'Ouest Canadien.  Ils étaient famille d'accueil attitrée.  Conrad les a suivis pendant 4 ans, l'été, et revenait ensuite au Québec, pour les 3 autres saisons pour poursuivre ses études.
 
 
 
 Il est allé ensuite chez les Soeurs de la Miséricorde de Beloeil et de là, il se rendait une fois par mois dans un foyer d'accueil, la fin de semaine.  Il a fait quelques fugues mais n'était pas rebelle.
 
 
 
 Dans un certain foyer où il n'était allé qu'une seule fois, il y avait un couple avec 5 enfants.  Il se sentait très bien, trop bien, trop d'amour, trop d'accueil bref, trop de tout ce qu'il n'avait pas pu avoir depuis sa naissance et il n'était pas habitué à ça.  Il le réalisait et ça lui faisait mal quand il y pensait.  Dans la majorité des autres foyers, il était pris en charge par des personnes plus âgées où il faisait ses choses seul, d'une manière autonome.
 
 
 
 Dans les années '40, il y avait des artistes qui rendaient visite aux enfants dans les crèches dont Manda Alarie (Maman Plouffe).  Elle avait pris Conrad sur ses genoux vers ses 6-7 ans.  Elle était en fait la tante, la marraine de son père naturel sans qu'il ne le sache, à ce moment-là.   Un jour, dans le salon d'un foyer d'accueil, il l'avait aperçue lors d'une émission de télé.  M. Gagnon avait dit qu'il la connaissait mais on lui aurait répondu:  «Tais-toi, tu ne peux pas la connaître, c'est impossible».
 
 
 
Avec tous ces changements de prises en charge, il ne croyait pas sur parole.  Il est devenu un homme méfiant dans la vie, qui avait besoin de preuves, ce qui est tout à fait normal.  Il fouillait partout quand il arrivait à quelque part de nouveau pour «faire son territoire» où il allait, en apprenant la vie et en se faisant des amis.  Il a donc dû apprendre à se débrouiller seul dès l'âge de 8 ans en faisant de longs voyages vers l'Alberta et la Californie, entre autres, sans être accompagné.  Dans un couvent, à partir de Beloeil, il a fait des fugues à 2 reprises.  La première fois, il ne s'est pas rendu jusqu'à Montréal et la 2e fois, elle s'est terminée par une rencontre avec les policiers car il n'était pas descendu au bon arrêt d'autobus.
 
 
 
 Jusqu'à l'âge de 35-40 ans, il avait le syndrome du retour du dimanche.  Quand il entendait l'Heure des Quilles , à la télé, ou le son des cloches de l'église, ça le faisait revenir à ses souvenirs d'institutions quand il devait revenir le dimanche:  vie de départs et de retours nostalgiques.
 
 
 
 Le couple Gagnon qui a été déterminant dans sa vie, venait à la Crèche St-Michel et l'emmenait chez eux à Noël, au Jour de l'An, à l'Action de grâces, à Pâques etc.  Il était un foyer nourricier permanent et ce couple était attaché à lui.  En 1959, sur son lit de mort, alors que Conrad avait 13 ans, M. Gagnon a autorisé sa conjointe à procéder à son adoption.  À cette époque, les veuves ne pouvaient adopter qu'un enfant du même sexe qu'elles sauf s'il y avait une autorisation de la part du conjoint, avec sa signature officielle, afin d'adopter un enfant du sexe opposé, ce qui fut fait.
 
 
 
 A 14 ans, Conrad a donc été adopté légalement mais son nom d'origine était Conrad Trudel selon la confirmation de sa mère naturelle.  Elle avait signé le consentement à l'adoption car on demandait aux «filles-mères» de signer rapidement ce papier pouvant alors céder l'enfant à l'adoption avant que les mères puissent peut-être changer d'idée...  L'âge légal était de 21 ans, à cette époque, donc, sa mère, comme plusieurs autres, a signé des papiers non légaux.
 
 
 
 En 1991, M. Gagnon a «fait affaire» avec le Projet Pilote payant du Centre jeunesse, en 3 étapes, menant aux retrouvailles.  Sa recherche a été rapide soit 1 1/2 an pour retracer sa mère.  Sa travailleuse sociale a téléphoné à 3 reprises à sa mère et c'était toujours la nièce de celle-ci qui répondait (elle la gardait chez elle).  La 3e fois, elle a cédé l'appel à sa tante reconnaissant la voix de l'intervenante et elle de dire:  «Le 12 mai»...et la mère a complété par:  «Mon fils me recherche?».  Wow!  Elle-même, en 1989, 2 ans auparavant, avait voulu faire aussi des recherches, en Abitibi.
 
 
 
 M. Gagnon travaillait dans un bureau, dans une usine.  Il en a fait le tour pour raconter son histoire tellement il était heureux de cette future retrouvaille.  Un homme tout ému, pleurait, lui a dit qu'il recherchait aussi sa mère.
 
 
 
 Le premier appel à sa mère, à Val d'Or, de Brossard, a duré 4 heures.  Ce fut la première fois qu'il avait parlé de sa situation, de sa vie, de cette façon.  Ses 2 soeurs biologiques ont su vers leurs 8 ans qu'ils avaient un frère.  Plus tard, elles ont même incité leur mère à faire des démarches de recherches.  Ce fut tout un soulagement, un poids de moins sur les épaules de M. Gagnon, une grosse boule d'émotions de 46 ans d'espoir qui a alors éclaté.  Sa mère lui a demandé s'il lui en avait voulu et lui de lui répondre oui, un peu quand même, en toute honnêteté.  Il a rencontré un spécialiste pendant quelques années pour dénouer tous ces «bobos d'abandon et de vie de nomade» pour arriver à une retrouvaille, éventuellement, sans agressivité, sereinement.
 
 
 
 Il est parti à la rencontre de sa mère, à Val d'Or pour un laps de temps de 4 jours.  En y arrivant, il s'est senti bien, chez lui, comme en pays de connaissance, dans son patelin.  Il avait enfin le feeling d'être chez lui.  Il a bien planifié ses retrouvailles.  Le 1er jour, il désirait un tête à tête avec sa mère, le deuxième, ses frères, ses soeurs et lui seulement pour ensuite terminer avec la famille élargie.  Sa mère parlait plus que lui mais de toutes sortes de choses sans parler des émotions qu'elle vivait.  Elle ne se pardonnait pas son geste du passé.  Sa réaction en rencontrant son fils en était une que cet homme pouvait potentiellement la juger.  Il a au moins pu avoir la joie de connaître sa mère, ses soeurs et ses frères, ses oncles, ses tantes et ses cousin(e)s.  Pour sa mère, malheureusement, elle est décédée 9 mois après leurs retrouvailles.
 
 
 
 Merci à Normay et à Conrad pour cette entrevue bien intéressante et chaleureuse.  M. Gagnon était très simple, authentique, émouvant et drôle, à quelques reprises.   Merci à Jean-Paul pour sa pause musicale Les maisons sans visage de Maréchal Gilles.  Merci à Radio Mieux-Être et au Mouvement Retrouvailles pour sa commandite.
 
 
 
À la semaine prochaine!
 
 
 
 Marthe Charest
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MessagePosté le: 2015-01-01, 14:40    Sujet du message: Publicité

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