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2014-11-02 VÉZINA Francine

 
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Loly
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MessagePosté le: 2015-01-01, 14:32    Sujet du message: 2014-11-02 VÉZINA Francine Répondre en citant

Émission du 2 novembre 2014 Invitée: Mme Francine Vézina
 
 
 
Bonjour à Mme Normay St-Pierre (animatrice), à M. Jean-Paul L'Heureux (collaborateur) et à Mme Francine Vézina, votre invitée.
 
 
 
Mme St-Pierre était avec sa soeur, dans un centre commercial, lors d'une séance de signatures de Mme Vézina.  Au loin, dans la vitrine d'une librairie, elle a vu le titre d'un livre dans lequel se trouvait... le mot «secret».  Déjà, c'est attirant, intrigant pour quiconque mais à plus forte raison, pour des personnes adoptées, dont fait partie Normay, qui sont souvent soumises aux fameux secrets de famille.  Elles entrent donc dans la librairie et Normay et Mme Vézina font connaissance et échangent sur leurs vécus respectifs.
 
 
 
Madame Vézina venait de publier récemment aux Éditions Rictus, son premier ouvrage, «Le secret de mon île», et elle nous en parle donc en entrevue.  L'histoire débute en 1942, à l'Îsle-aux-Grues, petite communauté isolée au sud-est du Québec où, un jeune couple d'amoureux, ses parents, y résidaient, à l'écart et se voyaient en cachette.  De ces fréquentations est né un enfant qu'ils ont dû confier à l'adoption à cause de la grande emprise et de la rigueur de la religion et du clergé, de l'époque, sur la société québécoise.  Les enfants nés hors-mariage, les illégitimes donc, jetaient le déshonneur sur les familles.  Les parents de Mme Vézina ont connu un parcours de vie difficile ayant porté ce lourd secret pendant plusieurs décennies.
 
 
 
Ils s'expatrient donc «en ville», à Montréal, car un médecin recommande fortement à la future mère d'aller y accoucher, ce qu'elle fit.  Il n'était pas question de garder cet enfant.  Ils le font donc adopter.  Peu de temps après l'accouchement, le couple envoie des lettres à leurs parents respectifs, leur disant qu'ils demeurent à Montréal où c'est plus facile de se trouver un emploi et ils se marient quand madame a retrouvé sa taille de jeune fille... Cette grossesse sera ignorée des deux familles.
 
 
 
 
 
Vers la fin des années 1980, Mme Francine Vézina apprend le lourd secret porté par ses parents, celui qui les marquera au fer rouge ses frères, ses soeurs et elle, celui de la naissance de leur frère illégitime. Toute la famille en subira les séquelles, directement et indirectement. Sa mère était malade, dépressive, autoritaire et aigrie et, en tant qu'aînée, Francine a donc subi ses sautes d'humeur qu'elle ne s'expliquait pas alors, ignorant tout de cette naissance cachée. Beaucoup plus tard, elle a compris le grand chagrin, la détresse et le désarroi de sa mère. En toute sérénité, elle lui a pardonné. Il n'y avait qu'aux vacances d'été, quand elle allait à L'Îsle, chez ses grands-parents, qu'elle était gâtée et le retour à Montréal était difficile pour elle car, tout au long de leurs vies, il y a eu plusieurs conflits et des problèmes de consommation d'alcool de la part du père et de deux de ses frères. C'est justement lors d'un repas très bien arrosé où toute la p'tite famille était attablée, que les langues se déliaient plus facilement, que la mère a livré son secret. Le père ne voulait pas en parler, par orgueil. Étonnamment, c'était le moment jugé propice, lors de cette soirée, pour en parler.
 
 
 
Tous les membres de la famille ont bien reçu ce secret et avaient, par conséquent, bien hâte de rencontrer cet inconnu.  Toutefois, ils ont dû respecter les volontés de leur mère qui s'était libérée de son secret, oui, mais qui n'était pas prête pour autant à entrer en relation avec son fils.  Il a fallu plus de vingt ans pour qu'elle puisse se décider à le faire.  Ce fut donc un long processus au cours duquel chacun(e) marchait sur des oeufs, mettait de l'eau dans son vin.  La mère se disait que son fils était sans doute bien ailleurs, dans sa famille adoptive, et dans sa propre famille qu'il avait dû fonder et ne se donnait pas le droit de le «déranger» dans sa vie.  Par ailleurs, les accepterait-il ?
 
 
 
À Montréal, où ses parents élevaient leurs enfants, où ils grandissaient, dans une rue voisine de la leur, vivait un enfant qui portait le nom de Marcel et qui jouait avec Réjean, un enfant de Mme et de M. Vézina.  Le père s'occupait de loisirs avec des jeunes du quartier, de hockey plus particulièrement, et il avait pris la part de Marcel quelques fois, car il trouvait que son père adoptif était trop sévère.  Mais, en le défendant, il était bien loin de croire qu'il s'agissait en fait de son propre fils biologique.  À l'âge de 10 ans, Marcel avait révélé à Réjean qu'il était adopté mais c'était un tabou à l'époque, et il n'en n'avait plus parlé par la suite.  Il n'y avait pas de ressemblances physiques entre les deux qui auraient pu faire penser au père qu'ils étaient tous deux frères.
 
 
 
Francine a fait son cours de puéricultrice et a ensuite travaillé à l'Hôpital de la Miséricorde de Montréal pendant 7 ans et ensuite à la Crèche d'Youville.  Elle nous raconte que le personnel avait le droit d'emmener un enfant en congé, en fin de semaine, s'il était âgé de 3 ans et plus et s'il n'était pas adopté.  Francine ramenait donc un enfant à la maison familiale.  Cet exercice avait pour but, en fait, de socialiser les jeunes, de les intégrer dans la société, de leur permettre de se développer plus adéquatement et d'être stimulés davantage car, à la crèche, ils ne voyait que de grande salles et des lits chromés.  Être dans une maison, avec une famille, ils ne connaissaient pas ce concept.  Ils ne connaissaient que leur grand édifice, leur établissement, avec des centaines d'enfants.  Ça les insécurisait d'aller ailleurs, ça les dépaysait.  Souvent, ces enfants voulaient même revenir à la crèche malgré leur chance d'aller se «faire gâter» dans une résidence privée.  Pour des raisons de sécurité, Francine nous relatait le fait qu'on devait attacher les enfants par la cheville, avec une petite chaîne, afin qu'ils ne tombent pas en bas de leurs couchettes.  Francine ne voulait pas, elle, attacher son jeune protégé mais c'était pour lui un rituel, une habitude et il le demandait, donc, pour ne pas trop le déstabiliser, elle lui attachait un petit ruban à sa cheville.  C'est touchant !
 
 
 
Un jour, la mère de Francine lui dit:« Ne me ramène plus cet enfant!»  En le voyant, elle repensait à ses souvenirs et à sa souffrance d'avoir dû se séparer de son bébé.  Francine ne connaissait pas son secret.  Elle ne pouvait donc pas se douter que sa mère avait posé le geste de faire adopter son fils et que la présence de cet enfant ravivait sa douleur.  Francine croyait que sa mère malade avait assez de besogne avec sa propre famille et qu'elle n'en voulait pas davantage.  De nombreuses années plus tard, quand la mère a su que Marcel portait le nom de Langlois a dit:« Tiens, il porte le même nom que le Marcel Langlois qu'on connaissait.»  Les deux ne faisaient qu'un, en fait, et sans doute le savait-elle, inconsciemment ou consciemment.
 
 
 
Entre temps, les procédures pour les retrouvailles ont été entamées avec le Centre jeunesse mais n'ont été finalisée qu'il y a 4 ans.  Quand ils ont reçu la confirmation officielle du Centre jeunesse comme quoi Marcel était bien leur frère, les enfants se téléphonaient tous entre eux et étaient bouleversés.  Marcel et Réjean, de part et d'autre, avaient reçu des documents officiels et ont donc su, à ce moment, la veille de la confirmation du Centre jeunesse, qu'ils étaient bel et bien frères.
 
 
 
Les retrouvailles de la mère et de son fils et des autres membre de la famille se sont déroulées chez Francine, son aînée, entourée de 17 personnes.  Elle a vécu le plus beau jour de sa vie, son fils et le reste de la famille également.  La mère de famille, âgée de 82 ans, a eu la chance, finalement, de serrer dans ses bras son grand garçon de 60 ans et plus, seuls ensemble.  Ce fut tout un moment émouvant et inoubliable !  Ensuite, ils se sont joints aux autres et Marcel en connaissait déjà plusieurs.  Ils se sont donc remémoré des souvenirs en commun, entre autres.
 
 
 
Mme Francine Vézina, suite à la retrouvaille avec son frère et grâce à la suggestion de son fils, qui lui mentionnait que son histoire était pleine de rebondissements dignes d'un livre ou d'un film, a donc décidé de mener à bien son projet d'écriture «Le secret de mon île».  Ce n'était pas évident de le concrétiser compte tenu qu'elle devait étaler sa vie, leur vie, publiquement, au grand jour, mais ce fut un soulagement, une thérapie et ça permettait de mettre un baume sur ses blessures et celles de ses soeurs et de ses frères.  Elle ressentait des réticences dans son entourage à l'effet qu'elle ne terminerait pas son ouvrage mais ils étaient tous d'accord, dans sa famille, qu'elle publie son volume car rien n'était blessant ni irrespectueux pour quiconque; ce n'était que leur véritable récit de vie, le leur, ni plus ni moins,
 
 
 
Mme Vézina raconte aussi, en toile de fond, le portrait de notre peuple, nos métamorphoses sociales, religieuses et culturelles, nos changements de moeurs ainsi que nos technologies naissantes du temps.
 
 
 
FÉLICITATIONS et MERCI pour votre première émission de la saison!  MERCI à votre invitée qui nous a livré des pans de son parcours de vie sinueux mais à la fois peu banal et captivant, en toute simplicité et sincérité.
 
 
 
MERCI à Jean-Paul pour son choix judicieux de pause musicale, tout à fait indiquée : Je t'aime mon frère (Gilbert Bécaud).
 
 
 
MERCI à la station de Radio Mieux-Être et au Mouvement Retrouvailles, commanditaire de l'émission.
 
 
 
Coordonnées pour rejoindre Mme Vézina:
 
francinev056@hotmail.com
 
 
 
À la semaine prochaine !
 
 
 
Marthe Charest
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MessagePosté le: 2015-01-01, 14:32    Sujet du message: Publicité

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