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2013-05-05 CHAREST Marthe

 
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Loly
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MessagePosté le: 2015-01-01, 13:52    Sujet du message: 2013-05-05 CHAREST Marthe Répondre en citant

Le 5 mai 2013

Bonjour Normay et Jean-Paul,
Invitée:  Marthe Charest

En introduction, Normay a fait un retour sur l'émission Tout le monde en parlait du 23 avril dernier, à Radio-Canada, ayant pour titre : Mon enfant, ma blessure: les débuts du Mouvement Retrouvailles.  Il y a eu des propos plutôt négatifs, blessants et offensants autant pour les personnes adoptées que pour les mères de naissance.  Ils ont laissé un goût amer.  C'est plutôt décourageant d'entendre ces déclarations.  Si j'avais été en plein processus de recherche de ma fille, pareille émission m'aurait déstabilisée et m'aurait peut-être même fait remettre en question le bien-fondé justement de faire des recherches.  Nous sommes conscient(e)s que les retrouvailles du début des années '80, manquaient de préparation, de temps et d'accompagnement mais j'aurais aimé qu'il y ait un volet comparatif avec les retrouvailles qui se font, à l'heure actuelle.  L'émission se serait terminée sur une note positive mais, de source sûre, il n'y aura pas de correctif apporté compte tenu que les autres émissions, qui devraient suivre, sont déjà toutes enregistrées.  On peut comprendre mais il aurait pu y avoir des coupures au montage de certains mots trop crus...
 
Pour les retrouvailles, il faut garder en tête qu'on doit y aller avec son coeur et qu'il ne faut pas calquer nos décisions sur celles des autres.  On nous met souvent des bâtons dans les roues.  On sait aussi, par ailleurs, que toutes les retrouvailles ne sont pas réussies, ne sont pas des contes de fées.  Mais, par contre, c'est déjà positif, quand elles arrivent, car l'identité de l'enfant, les origines, les antécédents médicaux sont par conséquent retrouvés.  Ça apporte également des réponses, de part et d'autre, à des questions que la mère et l'enfant se sont posées toute une vie durant.  Si la relation s'arrête là, c'est dommage mais on en sait quand même plus qu'avant les retrouvailles.  Si la relation se poursuit, c'est tant mieux mais il faut y aller tout en douceur à l'image d'une relation de couple, une relation amicale qui se développe tout doucement, étape par étape, en prenant le temps de s'apprivoiser, s'ajuster pour ne pas envahir l'autre.  Il est important de fixer nos limites, nos balises et parler de nos attentes respectives.  Il faut se donner la chance et ce, dans le respect, la générosité et l'ouverture d'esprit.  Il faut garder en tête que la personne qui recherche depuis plusieurs années a toute une longueur d'avance sur l'autre personne qui vient d'être informée qu'on la recherchait.  Par conséquent, nous ne sommes pas au même niveau.  On doit laisser le temps, à l'autre partie en cause, d'absorber ce choc car c'en est un, ça bouleverse et ça change des vies.  Parfois, il y a une période de réflexion, un refus, un déni mais rien n'est jamais définitif.  C'est quand même toute une gamme d'émotions qui refont surface et souvent nos proches n'avaient pas été avisés de cette naissance.
 
Plus particulièrement les mères âgées de 70 ans et +, quand elles sont rejointes par les Centres jeunesse, c'est comme un film de leur passé qui se déroule dans leur tête et ça fait peur, c'est l'inconnu.  Les préjugés, la honte et le rejet subis remontent, font mettre des freins et empêchent même parfois de dire oui à des retrouvailles mais il faut aller jusqu'au bout de notre pensée, de notre décision, de notre action.
 
Pour ma part, j'ai accouché dans les années '70 et les gens se mêlaient de me dire de quel droit j'entreprenais des recherches, si ma fille avait été intéressée, elle aurait fait des démarches etc.  Il faut être faite forte et pour moi, mon conjoint et ma famille m'ont supportée.  J'avais très peu parlé de mon «secret» et parfois, très rarement, en discutant, je faisais venir sur le propos l'adoption, en testant les réponses des gens.  Ça me donnait une bonne idée à qui faire ou ne pas faire de confidences...
 
On a parlé ensuite de Mme Reine Landry, à qui on lève notre chapeau, bien haut, pour la fondation du Mouvement Retrouvailles, il y a trente ans, cette année.  Elle et bien d'autres y allaient, au meilleur de leurs connaissances, avec le coeur et toujours dans un état émotif, à fleur de peau, pour répondre à plusieurs questions. 
 
Les sites du Mouvement Retrouvailles (MR), Adoption, Émotions, Retrouvailles (A.É.R.) et L'Histoire des Crèches au Québec (H.C.Q.) sont des endroits où on peut retrouver des gens qui vivent des histoires semblables aux nôtres, en tant que mères biologiques et en tant que personnes adoptées.  On peut s'exprimer, partager nos vécus, et alors, on se sent moins seul(e)s, ça aide à se libérer.  Si je prends mon histoire, mes débuts de recherches se sont faites en 1994.  Je me sentais seule.  Je n'avais jamais rencontré de mère de naissance, d'enfant adopté ou de mère adoptive pour parler, à tout le moins, de l'adoption.  Il n'y avait pas d'Internet.  Les cafés-rencontres auxquels j'ai assisté, m'ont fait sortir de ma «retraite fermée» ainsi qu'A.É.R. et l'émission de Normay où j'ai pu me rendre compte que je n'étais pas la seule à vivre les émotions que je vivais.
 
En '94 en '83 ou en 2013, les questions que les mères se posaient et se posent toujours sont:  «Mon enfant voudra-t-il que je le recherche, me pardonnera-t-il, serais-je à la hauteur de ses attentes, a-t-il été bien aimé et bien traité par ses parents adoptifs, a-t-il été heureux etc.? Nous, les mères, ressentions beaucoup de culpabilité et même encore aujourd'hui.  La religion et certaines crèches n'ont pas aidé à nous déculpabiliser.  La religion était omniprésente.  Au lieu de nous aider, par charité chrétienne, au contraire, on renforçait en nous l'idée de pécheresses, de femmes de second ordre.  En signant le consentement à l'adoption, on disait aux mères que c'était un engagement, une promesse faite au Bon Dieu, et qu'elles devaient renoncer à retrouver leur enfant confié à l'adoption.  C'était du chantage émotif mais plusieurs mères y croient toujours même en 2013.
 
Les mères ont le droit de se faire le cadeau de retrouver et connaître leur enfant et les enfants, celui de retrouver et connaître leur mère.  Aujourd'hui, dans les Centres jeunesse, les intervenant(e)s font un bon travail, pour la plupart, et il est possible d'avoir une bonne collaboration.  Si la mère souhaite faire des retrouvailles dans l'anonymat, on va respecter son choix.  On peut envoyer des lettres par l'intermédiaire du Centre jeunesse qui s'occupe du dossier.  On peut aussi procéder par casier postal.  Une rencontre, si désirée, peut se faire dans un endroit neutre, un restaurant, par exemple; on respecte donc ses volontés.
 
Normay nous partageait que sa mère et elle se sont rencontrées, dans l'anonymat, et qu'elle était à l'aise avec ça; elle a toujours respecté ses volontés.  Par contre, ce avec quoi elle aurait eu beaucoup de difficulté, qu'elle n'aurait pas pris, ça aurait été un refus.
 
On peut y aller, étape par étape, tout en respectant notre rythme, de part et d'autre.  Il faut garder en pensée que la mère et son enfant avaient des vécus avant les retrouvailles.  Souvent, les conjoints et les familles ne sont pas au courant.  Il faut donc attendre le moment opportun pour faire notre «coming out», pour annoncer à nos proches ce pan de notre vie qui leur était inconnu et, ensuite, mettre les pendules à l'heure.  On pense souvent que c'est un secret mais quelqu'un, à quelque part sait et, lors de réunions, par exemple, au temps des Fêtes, tante X et oncle Y, avec un p'tit coup  dans l'nez et l'ambiance de party, se délient la langue et les confidences se font...
 
Il y aura dix ans, le 8 août prochain, que j'ai retrouvé ma fille.  C'est vraiment formidable!  Je suis choyée, privilégiée et je mords à pleines dents dans les moments précieux que l'on passe ensemble.  Bien sûr qu'il y aura toujours toutes les années que j'ai «perdues» mais c'est le passé et on doit se tourner vers le présent. 
 
On donne naissance à un enfant et c'est donc à nous de décider de faire des démarches de retrouvailles, tout en suivant notre coeur. Toute notre vie durant, c'est comme si notre enfant était porté disparu (on ne le voit pas, on ne sait pas s'il vit ou non, dans notre pays ou non et on le recherche). Il y a des embûches mais, on remonte nos manches, on rencontre des gens qui savent nous requinquer car on n'est pas seul(e).  Ça prend beaucoup de carburant, de l'espoir, de la détermination et de la patience car le mot «attendre» fait partie de notre vocabulaire quotidien,  Parfois, on cesse les recherches, pour un certain laps de temps, mais on reprend espoir et courage et c'est humain!  La route vers les retrouvailles est longue...
 
Merci Normay et merci Jean-Paul pour la très belle chanson de Claude Léveillée, À ceux qui chechent.
 
À la semaine prochaine!
Marthe (Lotus) xxx

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MessagePosté le: 2015-01-01, 13:52    Sujet du message: Publicité

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