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Histoires des orphelins des crèches des années 40-50
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Picotine


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MessagePosté le: 2009-11-04, 21:11    Sujet du message: Histoires des orphelins des crèches des années 40-50 Répondre en citant

De : Miséricord  (Message d'origine)Envoyé : 2003-11-30 13:44



Première partie :

 Après la guerre mondial, le Québec était dirigé par M. Maurice Duplessis. Présidée par le Cardinal....... l'Église étendait son pouvoir sur la santé, l'éducation et les services sociaux. Les communautés religieuses recevaient des subventions de l'État pour les crèches, les orphelinats, les écoles, les hôpitaux, dont elles étaient propriétaires.

Il faudra attendre 1965, avec la révolution tranquille, pour que l'État prenne en charge totalement l'éducation et la santé et que l'influence politique et social de l'Église diminue. Cette époque restera celle de la grande noirceur.

Dans ce temps-là, les crèches accueillaient beaucoup d'enfants illégitimes. La société québécoise était fondée sur la morale religieuse et les femmes célébataires subissaient de forte pressions pour abandonner leur enfant.

Un orphelin raconte: Je suis né, moi en 1943, et il y avait tabou dans la société qui était très fort, qui était celui des enfants illégitimes qu'on considérait comme des enfants du péché, et par conséquent, nos mères étaient le produit - nous étions le produit du péché de nos mères. Les crèches à l'époque, dans les années 40 et 50, étaient également surpeuplées. De sorte que ça a eu comme effet que les enfants qui étaient là étaient maintenus dans une espèce de sous-développement à tous les niveaux: intélectuel, au niveau moteur, au niveau psychologique, au niveau des connaissance usuelles, ect.

Et ça a fait de nous des enfants qui étions en retard par rapport à une normalité au même âge. On va trouver , par exemple, dans mon dossier, que : « cet enfant est un arrìéré mental», Mais tout de suite on va préciser : « Mais si cet enfant était dans une situation d'apprentissage normal, il pourrait se développer.

Un psychiatre bien connu dit  ( je n'écrit aucun nom ): Et ces enfants grandissaient à la crèche: Lorsqu'ils arrivaient à 10 ans, 12 ans, 13 ans , qu'ils devenaient turbulents, difficiles, ou dans leur conduite ou dans leur apprentissage, le peu d'apprentissage scolaire  qui existait, il n'y en existait pas beaucoup, à ce moment-là , les religieuses communiquaient avec l'hôpital psychiatrique, qui était ici à St-Jean de Dieu ( aujourd'hui Louis-Hyppolyte-Lafontaine ) et le jeune ou la jeune était dirigé vers un hôpital psychiatrique
.
Et pour que le sujet soit admis, le médecin inscrivait un faux diagnostic, d'arriération mental, de déficience mental ou de maladie mental.

Suite un autre jour
De Miséricorde
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MessagePosté le: 2009-11-04, 21:11    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: 2009-11-04, 21:14    Sujet du message: Histoires des orphelins des crèches des années 40-50 Répondre en citant

De : ♥Loly♥Envoyé : 2003-11-30 15:20



Allô Miséricorde, rebienvenue dans le site.  Je tiens à te dire que ce fût un réel plaisir de te lire.  Ton texte est posé, calme et très instructifs.

Bravo!!!  J'ai très hâte de lire la suite. Je te l'avais bien dis que tu ferais un excellent historien!


Au plaisir de te lire à nouveau.

Bye xxx




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MessagePosté le: 2009-11-04, 21:19    Sujet du message: Histoires des orphelins des crèches des années 40-50 Répondre en citant

De : MiséricordeEnvoyé : 2003-12-01 12:51


2e partie :


En 1950, les soeurs de la Providence inaugurent un Institut pour les enfants retardés mais éducable, ceux qui croupissent dans les crèches, les orphelinats et les hôpitaux psychiatrique. Mais le rêve tourne court. La construction du batiment ( Mont-Providence à Rivière des Prairies ) a coûté beaucoup pls cher que prévu.

Pour récupérer des subventions fédérales, Maurice Duplessis conseil au Cardinal »L..... de transformer le Mont-Providence en hôpital psychiatrique.

Chaque enfant rapportera ainsi $ 2.40 par jour au lieu de $0.70 cents L'arrêt ministériel prévoyait de donner 3 millions de dollars aux Soeurs.

En échange, elles s'engageaient à accueillir 1000 idiots et séniles et à ne plus enseigner aux orphelins .

BR, orphelin dit:  Les religieuses au début ont beaucoup résisté parce qu'on dit « Que vont devenir ce enfants, qui sont quelque part des enfants normaux ? » Et c'est là qu'elles se rendent à l'évidence qu'elles n'auraient pas l'argent si elles refusent de changer la vocation de l'institution.

Et là elles cèdent, elles cèdent aux pressions du Cardinal L.... et elles acceptent de changer la vocation du Mont-Providence.  C'était un drame pour elles, il faut bien comprendre. C'était un drame.

Mais cela dit, elles ont quand même fait le choix de l'argent.

Un autre partie un autre jour,
De Miséricorde
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MessagePosté le: 2009-11-04, 21:21    Sujet du message: Histoires des orphelins des crèches des années 40-50 Répondre en citant

De : Cathy5236Envoyé : 2003-12-02 14:51


Bonjour Miséricorde,

Chaque fois que tu raconte, j'ai des souvenirs. En 1954 j'avais six ans et je me levais tôt pour aider mon cousin à passer la la Patrie au grand désarroi des mes parents.!!!
Je me demande pourquoi les noms ne font pas partie de ce que tu raconte.? J.e sais bien qui est le Cardinal. je suis une passionnée de l'histiore sociale du `Québec.

merci Miséricorde Cathy
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MessagePosté le: 2009-11-04, 21:23    Sujet du message: Histoires des orphelins des crèches des années 40-50 Répondre en citant

De : MiséricordeEnvoyé : 2003-12-02 14:59


Salut Cathy,

c'est pour ne pas choqué des  personnes qui ont encore foi à l'Église et qui ne veulent pas  connaitre toute l'histoire du passé du Québec Catholique dont les gens étaient très croyants et pratiquants dans le temps.

De Miséricorde
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MessagePosté le: 2009-11-04, 21:24    Sujet du message: Histoires des orphelins des crèches des années 40-50 Répondre en citant

De : Cathy5236Envoyé : 2003-12-03 00:24
ok miséricorde je comprends mais......ok je pense à l'adoration que le Québec a pour lui .

Cathy

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MessagePosté le: 2009-11-04, 21:27    Sujet du message: Histoires des orphelins des crèches des années 40-50 Répondre en citant

De : Miséricorde  (Message d'origine)Envoyé : 2003-12-13 10:17


3e partie

Martin Poirier ( économiste dit :   Nous on a calculé, de 1940 à 1960 combien ça représentait de sommes additionelles pour les communautés religieuses, le fait de placer des enfants qui étaient autrefois en orphelinat de les déplacer en institut psychiatrique .

Les communautés religieuses ont reçu un montant additionelle de 70 millions de dollars en dollars d'aujourd'hui. Il faut compremdre que c'est vraiment un minimum, parce qu'on ne tient pas compte du travail des enfants, parce que les enfants travaillaient en institut psychiatrique, contrairement aux orphelinats où les enfants étudiaient.  Les communauté religieuse n'avaient pas à donner d'éducation aux enfants, donc économisaient beaucoup en salaire à ce niveau-là.

 
Daniel Jacoby ( protecteur du citoyen ) dit :   Une génération de personne qui viennent de milieux défavorisés se sont du jour au lendemain complètement transformées dans leur identité, avec perte de droit.  Parce que du moment où vous êtes catalogué par un médecin-

Un médecin, ce sont des médecins qui ont accepté de poser des diagnostics erronés-eh bien vous perdez tous vos droits de citoyen. 

Du fait d'être catalogué en plus comme malade mental. ça, ça enlevait absolument tous les droits.  Donc rajoute Daniel Jacoby. on se retrouvait à peu près comme des légumes.

Et c'est ce qui est arrivé d'une certaine manière. Et il y en a encore qui sont vivants aujourd'hui. Leur moyen d'âge doit être autour de 58 ans.


De Miséricorde
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MessagePosté le: 2009-11-04, 21:29    Sujet du message: Histoires des orphelins des crèches des années 40-50 Répondre en citant

De : Miséricorde  (Message d'origine)Envoyé : 2003-12-19 11:18


Ce que je vous raconte est très dur, depuis les début de mes histoires sur ce site   (  Des Orphelins des années 40-50 ) Nov-30-2003,  c'est le documentaire dont je faisait parti et qui a passé à l' Office national du film ( onf ) il y a maintenat 1 mois et qui avait été choisit au festival du film.

De Miséricorde
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MessagePosté le: 2009-11-04, 21:33    Sujet du message: Histoires des orphelins des crèches des années 40-50 Répondre en citant

De : Miséricorde  (Message d'origine)Envoyé : 2003-12-08 17:32


4e partie

Le 12 Aout54 l'école de Mont-Providence est devenu un hôpital psychiatrique et les 370 écoliers qui s'y trouvaient sont devenus des malades mentaux. Daniel Jacoby ( protecteur di citoyen )

Le drame qui s'est véritablement produit et qui est inacceptable de la part d'un gouvernement  ou de l'État, c'est que pour des raisons stictement financière, on a converti du jour au lendemaindes gens qui étaient tout à fait normaux en personnes éprouvant des maladies mentales ou en déficients intellectuels.

B. R : nous étions dans la cour et nous avions vu arriver trois autobus. Les gens qui débarquent sont presque en pyjama. Et je me souviens très bien de cette sensation d'anormalité,si je peux dire, quand on a regardé ces gens`là.  Ils avaient un comportement auquel on n'était pas habitué, ils avaient un regard- mais un regard fermé. Et entre nous, on se disait:  Mais dis donc, c'est des fous ! C'est des malades mentaux ! 

Les religieuses du Mont-Providence vêtues de noir en tant qu'éducatrice, s'habilleront désormais en blanc pour soigner les malades.

B R dit: La religieuse qui est tout de blanc vêtue et qui tente de nous expliquer la situation n'y arrive pas clairement, parce que qu'elle n'ose pas dire qu'on est devenus des fous. Mais nous sommes considérés comme tels de par le mandat que le Mont-Providence venait de se donner comme hôpital psychiatrique.

Donc, au lieu d'aller à l'école, tous les jours on travaillait là.  Moi ma fonction , c'était d'aller dans les dortoirs  où il y avait des fous et de les laver, eux, c'est à-dire que moi je lavais des veillards, j'avais 12 ans. J'ai même lavé le souvenir que j'ai , c'est que je lavais des scrotums de veillard.


De Miséricorde                           
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MessagePosté le: 2009-11-04, 21:36    Sujet du message: Histoires des orphelins des crèches des années 40-50 Répondre en citant

De : Miséricorde  (Message d'origine)Envoyé : 2003-12-19 10:59


5e partie

Suite de lorsqu'ils ont fermés les orphelinats pour ouvrir des asiles.

Antoine Godbout raconte: ( ce sont ses propres mots non les miens )
               

Malheureusement, ça n'a pas été une belle expérience pour nous autres. Ma mère a pleuré énormément quand elle a appris ça, elle n'en revenait pas. Elle pensait que j'étais adopté, parce qu'elle était venue me chercher deux fois. Et puis y ont refusé. Puis je n'étais même pas adopté.


Et puis ma mère, elle m'a mis au monde. Un an et demi après, elle s'est mariée avec mon père biologique. Puis mon père a dit: « On va aller chercher notre gars.»

Ils n'ont jamais voulu me remettre. Puis j'étais justement ici quand ça s'est passé.( 1950 )

Antoine raconte des souvenirs:

Ici, c'était la cuisine, ici. Ça fait longtemps, c'est vieux. De très mauvais souvenirs. Ça ici c'était la salle où on se tenait tout le monde ensemble. Moi j'étais toujours à côté d'une porte. Puis, on se faisait pas grand-chose, on végétait, on n'avait pas de jouets, on n'avait pas de jeux, on n'avait pas de sport, on n'avait absolument rien, rien, rien, rien,rien. On passait nos journées ici.

J'ai passé de 1946 à septembre 1950. J'ai quitté ici en 1950. On était très content, parce qu'on s'en allait dans une autre institution. Mais on nous disait qu'on quittait pour avoir des cours, des écoles, puis tout ça. Puis ça duré à peu près un an.

Après ça, ça a tourné en un centre pour les fous. Là ils ont commencé à mettre des grillages, des chassis, et tout. Nous, on était déçus. On s'est dit: « On va tous mourir ici. Qu'est-ce qu'ils vont faire avec nous?» Toujours dans l'angoisse, on ne savait jamais où est-ce qu'on allait avec les communautés, ni avec l'Église, c'est eux autres qui menaient tout ça.

Croyez-moi que quand je suis arrivé ici pour la première fois, j'étais estomaqué, j'ai dit : je voyais les patients, puis je me suis dit: «Mon Dieu, qu'est-ce que je fais ici?» Puis j'étais vraiment marqué pas ça et je ne l'oublierai jamais. Jamais. Ça m'a suivi toute ma vie.

Les test qu'on m'a fait passer ici, c'était pour me déclarer débile mental, c'était de me faire compter sur les doigts à l'envers jusqu'à huit. Et puis je n'étais pas capable, parce que je n'avais pas appris à compter. Je n'étais vraiment pas capable. Et  puis à un moment donné, ils se sont réunis parce que ce que je vous raconte là, c'est écrit dans mon dossier, ils se sont réunis, puis ils ont décidé que j'étais débile mentale. Puis là j'étais condammé à rester ici. Pour une petite secousse, c'était la seule et unique raison pour laquelle ils m'ont déclaré débile mental ici.

Et j'ai regardé mes dossiers. Puis je n'en revenais pas en relisant mes dossier, comment est-ce qu'on pouvait nous manipuler comme ça ?

De Miséricorde
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MessagePosté le: 2009-11-04, 21:38    Sujet du message: Histoires des orphelins des crèches des années 40-50 Répondre en citant

De : nuitétoiléeEnvoyé : 2003-12-19 23:54


Moi et mon copain qui lui aussi a été adopté sommes estomaqués de ce fait vécu.

nuitétoilée
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MessagePosté le: 2009-11-04, 21:41    Sujet du message: Histoires des orphelins des crèches des années 40-50 Répondre en citant

De : Miséricorde  (Message d'origine)Envoyé : 2003-12-21 18:07


6e partie

Suite de Antoine orphelins des années 40-50.

C'est criminel ce qu'ils nous ont fait. Moi en relisant, mes dossiers, c'est criminel. Ils ont gaspillé une vie. Ça ne se peut pas de revivre ça.

Les agression sexuelles étaient répandues au Mont-Providence ( Rivière des Prairies Montréal ), mais tout le monde, c'était le silence, c'était secret. Les seules personnes qui étaient vraiment au courant, c'étaient les prêtres qui étaient là au Mont-Providence.

Mais il y avait plusieurs éducateurs qui étaient là-dedans, au moins trois, que c'est sûr c'est eux qui agressaient les enfants. Mais on ne pouvait pas parler, parce qu'on avait peur- on les voyait tous les jours, ces agresseurs, alors on ne pouvait pas. Ils travaillaient là.

On en parlait juste au confessionnal; c'était la seule place où on pouvait en parler, parce qu'on savait que tout ce qui se disait là, ça ne sortait pas de là. Donc on avait besoin d'en parler, mais ça restait là. Mais au Mont-Providence, il devait y avoir à peu pr`s 150 enfants qui étaient abusés, ça je le crois facilement.

J'ai dit au juge, je lui ai dit encore une fois: «Je ne reviendrai pas sur ma décision, ce type là, il m'a violé, il m'a entrainé dans le mal.»

Puis j'ai dit « Avec des moyens pas trop catholiques ».

Quand la soeur me disait: « Monsieur Ceran vous allez avoir une volée » C'est lui qui donnait  la volée. Mais lui, là, pour qu'on accepte de se faire violer, il dit :< on va frapper sur le mur, comme ça ça ne paraîtra pas >.

Evidemment, c'était comme ça qu'il nous avait. Puis il nous avait aussi avec des regards. Ce gars là, il nous regardait d'une façon alors- on comprenait ce que ça voulait dire.

Moi, j'avais peur, j'avais peur. Quand je suis retourné dans le monde du travail, que j'ai découvert le monde, il fallait toujours jouer un rôle, il fallait toujours démontrer qu'on n'était pas des fous. On jouait un rôle artificiel, comme si on était des gens bien normaux, on faisait attention, on observait beaucoup comment les autres fonctionnaient, comment ils discutaient, comment ils parlaient.

Puis c'était avec ça qu'on se servait, nous, pour pouvoir s'exprimer avec le monde extérieur. On se servait des autres pour pouvoir- on prenait un peu la personnalité de l'autre, parce qu'on n'avait pas de personnalité, on en avait pas développée.

De Miséricorde
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MessagePosté le: 2009-11-04, 21:43    Sujet du message: Histoires des orphelins des crèches des années 40-50 Répondre en citant

De : MiséricordeEnvoyé : 2003-12-21 18:13


Ce que je trouve curieux de ce qui ce passait à cet endroit  Le Mont-Providence ( dans ce cas-ci ) C'est que les prêtres étaient au courant ainsi que les religieuses.

Je ne mets pas mon commentaire parce que vous le savez très  bien ce que j'en pense.

De Miséricorde
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MessagePosté le: 2009-11-04, 21:46    Sujet du message: Histoires des orphelins des crèches des années 40-50 Répondre en citant

De : Miséricorde  (Message d'origine)Envoyé : 2003-12-28 17:53


7e partie

Jacqueline  raconte :

Dans le documentaire dont je faisais partie.

T'étais rien, t'avais pas de parents, t'étais rien. C'est comme ça qu'on était, les orphelins de Duplessis comme moi. Je passe un test, et puis on m'avait dit de faire un bonhomme. Moi, un bonhomme, c'était qui ? Je ne connaissais pas ça les bonhommes, je connais les petites filles, moi. J'avais fait un bonhomme, c'était une petite fille que j'avais faite, avec une petite jupe.

Ce n'est pas que je sois bonne en dessin, loin de là, mais je sais pas là. Puis un mois après, au mois de novembre, on a décidé de me placer à la  Société de Réhabilitation, ça s'appelait le Pavillon Perreault, à Sherbrooke.

Aujourd'hui, entre parenthèse, je sais pourquoi j'ai été placée à la r'habilitation, au pavillon Perreault. Dans mon dossier c'est bien inscrit: «Arriérée mentale. » Aye ! j'avais 10 ans. J'étais pas une arriérée mentale. C'est pas vraie, ça. Non, non !

Puis dans un autre document c'est marqué; «Apparence générale médiocre. » Imagine ! J'avais 10 ans, médiocre.

Moi quand j'ai eu mon dossier, en 94, puis quand je l'ai lu, j'ai pleuré, j'ai pleuré, j'ai pleuré. J'ai fait des cauchemars. Les rêves que je faisais, c'était terrible. C'est venu me chercher. C'est venu me chercher. C'est venu me chercher au plus profond de mon être, tout ce que j'ai enduré, ce que j'ai subi. C'est vraie que notre subconscient, il capte tout, il capte tout, tout, tout. Puis tout m'est revenu en pleine face.

Ils ont dit dans mon dossier: « Pourquoi elle a redoublé sa deuxième année ? » La réponse, en bas, c'est marqué: « Elle ne comprenait rien. » Comment vous voulez qu'un enfant puisse comprendre à l'âge de 7 ans ou 8 ans ?

Se faire maltraiter, à coups de barreaux de chaise sur le dos parce que je faisais des fautes ou parce que j'écrivais de côté. Il fallait que ça soit, tiens, comme  ça, la ligne droite.

Un après midi, bien ordinaire, la soeur je ne sais pas ce qu'elle avait mangé cette journée-là, comme on dit, de la vache enragé! On faisait une dictée, et puis c'est vraie je faisais beaucoup de fautes. Elle avait une règle qui avait du fer dessus la règle, puis elle m'en a donné un coup sur la main. «Aie ! ça fait mal ! Ma mère, ça fait mal ! » Elle est allé à son pupitre, puis elle est revenu avec un bâton. Aujourd'hui, on peut appeler ça un barreau de chaise. Là elle m'en a donné, elle m'en a donné. Je mettais ma main comme ça pour pas poser, mes bras en tout cas. Puis là, elle m'en a donné un sur la tête, elle m'en a donné un sur le corps. J'ai tombé en bas de, de mon, de ma , de ma chaise du pupitre. Puis là elle continuait à se varger sur moi, elle me donnait des coups par terre, que même j'ai, que j'ai, j'ai fait pipi dans ma culotte. Là j'avais peur ! Mon dieu, j'ai pleuré. Je pleure encore, malheureusement. Elle m'a dit d'arrêter de pleurer, mais plus qu'elle me disait d'arrêter de pleurer, plus que je pleurais. C'était une vraie tortionnaire.

On m'a mis la camisole de force. On m'a jeté des chaudières d'eau froide sur la tête pour me calmer, quand ça empirait mon cas. On m'a donné un coup de support en bois ici sur le bras; j'ai encore la cicatrice. Je n'avais pas de désir. Je n'avais pas de rêves. Je n'avais même pas d'illusions. J'étais comme un zombie: « Toi Jacqueline, tu t'assois là, puis tu reste là. Toi, Jacqueline, t'as pas à parler. Toi Jacqueline. »

C'était une Discipline exagérée.

Mgr Raymond St-Gelais :  Écoutez, il y a cinquante ans, c'était bien différent comme sensibilité. Je ne veux pas dire que- je ne veux pas exuser pour autant, mais je pense qu'il faut situer les méthodes d'éducation des années 40-50 dans le contexte de ce temps là.

¨Ca ne veut pas dire que les professeurs ont été tortionnaire, mais il reste que, qu'on donne une tape dans le chignon d'un enfant à un moment donné, ce n'était pas une chose qui était ( euh ) qui était. Moi j'ai reçu une volée de mon père, puis bon, ça m'a fait du bien. Mais c'était, c'était la méthode du temps. Aujourd'hui, c'est sûr que les sensibilités sont différentes.

Daniel Jacoby :  Alors, il y a eu énormément de sévices sexuelles, il y a eu beaucoup d'abus, de violences physiques et tout ça. Et ça, c'était déja- et ça, il faut bien comprendre que même si on remonte aux années 40-50, il faut penser que c'était déjà des infractions ou atteintes au code pénal.

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MessagePosté le: 2009-11-04, 21:50    Sujet du message: Histoires des orphelins des crèches des années 40-50 Répondre en citant

De : Miséricorde  (Message d'origine)Envoyé : 2004-01-02 13:52


Dans les années 40-50 les bébés du marché noir étaient.....

Je suis  à terminer l'histoire du trafic de bébés à Montréal sur le marché noir,

Je suis rendu a 22 pages et je vais tout mettre cette histoire sur le site dès que j'aurai fini .

Je suis à écrire quelque chose d'assez dur, les bébés du marché noir à Montréal des années 40 et 50 . Quand les parents adoptifs n'étaient pas satisfaits, le bébé était revendu plusieurs fois.

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