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Le "massacre des innocents"

 
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Picotine


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MessagePosté le: 2009-01-05, 16:17    Sujet du message: Le "massacre des innocents" Répondre en citant

De : Miséricorde  (Message d'origine)Envoyé : 2005-02-22 07:45
Pour les enfants dit naturels     
 
Le  "massacre des innocents"     
se répète encore de nos jours  
 
Nous avons terminé, la semaine dernière, la première partie de notre enquête sur l'enfance malheureuse, plus précisément, sur le sort des filles-mères et des enfants dit naturels ... comme s'il pouvait y avoir des enfants "pas naturels". 
 
Les quelques articles que nous avons publiés sur le sujet ne représentent que la dixième partie de ce que nous savons. Encore fallait-il du courage pour les faire paraître, car notre effort risquait d'être fort mal interprété.  
 
 
Les quelques exemples dramatiques que nous avons mis en lumière avaient, pour but premier, presque unique, de sauver de la déchéance physique et mentale, des milliers de petits êtres qui sont souvent détruits dans nos institutions actuelles et dont le seul crime est d'être nés, sans l'avoir demandé, d'unions non légalisées par le mariage.   
Aussi, nous inspirant de l'esprit chrétien et du sens social les mieux compris, nous croyons que des conclusions s'imposent pour éveiller la conscience des gens et les pouvoirs publics.
 
Il ressort des divers témoignages que nous avons recueillis, que de fortes pressions sont faites auprès des filles-mères pour les engager à abandonner leur enfant. Celles d'entre elles qui croient qu'on leur a forcé la main pour les dépouiller d'un droit naturel n'ont pas manqué d'élever de véhémentes protestations. Bien que le droit des parents sur leur progéniture soit un droit sacré, nous devons admettre que, dans la plupart des cas, il vaut mieux que l'enfant soit laissé à la Société d'adoption qu'à sa mère célibataire. Dans des milieux comme le nôtre surtout, la fille-mère, qui est généralement sans ressources, ne pourra élever son enfant sans s'exposer à vivre plus ou moins en marge de la société et sans plonger le pauvre petit dans la gêne, sinon la misère.  
 
Et puis, il y a le préjugé de l'entourage ... Cependant, il n'est pas permis à personne, même avec les meilleures intentions, de forcer une mère, par des pressions indues, des ruses inavouables et des mensonges, à renoncer à la chair de sa chair. Il ne suffit pas qu'une femme ait été pécheresse pour qu'elle soit jugée indigne d'élever un enfant. 
 
Ce serait à désespérer de la vie et de l'humanité si chacun de nous devait porter ... éternellement ... et devant Dieu et devant les hommes, le stigmate de certaines chutes, de certaines faiblesses.  
 
 
De toute façon, personne n'a le droit, sauf dans les cas de cruauté ou de tactiques de corruption, de ravir un enfant de force aux auteurs de ses jours. Seul la persuasion par un appel sensé à la raison et au cœur de la fille-mère doit être employée pour amener cette dernière à confier son bébé à l’adoption. .Et comme. il est clair que l'adoption s'impose dans au moins 95 % des cas, il n'est pas tellement difficile de convaincre la femme. L'expérience le démontre.  
Quant à celles qui tiennent absolument à garder leur enfant, il n'y a rien à faire qu'à le leur laisser. Et alors, il est du devoir de la Société d'aider ces femmes à accomplir leur tâche maternelle.  
 
Si l'enfant de la crèche coûte, disons 50 $ à 60 $ par mois aux pouvoirs publics et aux services sociaux pour être maintenu dans des conditions déplorables, nous ne voyons pas pourquoi la vraie mère ne serait pas dotée d'une subvention équivalente. Mais ce ne sont là que des cas d'exception, dans l'état actuel de notre société, de sorte que nous devons répéter que l'adoption est de beaucoup préférable. 
 
Les travailleurs sociaux qui s'occupent de ces problèmes n'ont pas trouvé de solution dans la recherche de la paternité. De temps à autre, on parvient à retracer un père illégitime, à lui faire admettre sa responsabilité et à le faire payer. C'est très rare.  
 
Plus rares encore sont les hommes que l'on peut convaincre d'épouser leur victime. Et très souvent, on a affaires à de mauvais garçons, qui ne craignent pas de recourir à leurs amis pour leur faire dire, même au prix du mensonge ou du parjure, qu'eux aussi pouvaient être les pères de l'enfant en question. Il n'y a rien à faire contre la mauvaise foi ou la mauvaise volonté, rien contre la pauvreté non plus. 
 
Un traitement humain et chrétien 
 
Il n'y a donc pas d'espoir pour la fille-mère de ce côté. Il faut chercher à l'aider et à la relever, plutôt qu'à la traiter en fille déshonorée, en femme de rien.  
 
À ce point de vue, les institutions catholiques des États-Unis nous donnent un exemple édifiant d'humanité et de charité.  
 
Ceux qui ont lu le Petit Journal de la semaine dernière ont appris qu'à l'hôpital orphelinat Saint-Vincent-de-Paul de Chicago, les mères célibataires qui attendent un bébé ne sont pas tenues comme des prisonnières. Elles peuvent sortir l'après-midi et le soir, aller faire des emplettes, aller au cinéma ou se promener en automobile. Elles sont libres. Il faut cependant qu’elle entre avant dix heures.  
 
Autrement dit, dans une société .évoluée, on a compris qu ’un hôpital .de maternité n'est pas un endroit de pénitence, quelle que soit sa clientèle, et que la femme sur le point d'accoucher ne doit jamais être moralement traitée en être déchu.  
 
Nous croyons qu'il y a là, pour nous, une leçon à apprendre, et le plus tôt nous l'apprendrons, le mieux ce sera. Autrement, on rend plus difficile, sinon impossible, la réhabilitation de la fille qui a fauté.  
 
Et puis, l'hôpital, quel qu'il soit, doit s'occuper de ce qui le regarde, c'est-à-dire le bien-être moral et physique de ses clients. Le reste ne le regarde pas. 
 
Un salaire aux filles-mères
 
À Chicago encore, les religieuses catholiques paient un salaire de 10 $ à 15 $ par semaine aux mères célibataires qui veulent travailler en attendant leur accouchement, et cela pour des tâches légères seulement et des heures très courtes. Ce n'est pas là qu'on permettra à la femme enceinte de laver les parquets ou faire la lessive. 
 
 
En outre, la mère célibataire qui est sans le sou n'a rien à payer pour son hospitalisation et ses soins médicaux. L'argent vient d'ailleurs. 
 
 
Presque toutes ces femmes laissent volontiers leur enfant à l'adoption et cela, sans qu'aucune pression indue ne soit exercée sur elles. En fait, tous les enfants sont adoptés et il y a une liste d'attente de milliers de noms. Ne restent "orphelins" que les inadoptables, soit les tarés, les malades, les difformes ou les infirmes. 
 
Il existe aux États-Unis un système d'adoption qui mérite d'être étudié soigneusement parce qu'il diffère du nôtre sur deux points entre autres : 
 
1- Le couple qui désire adopter un enfant n'en a pas le libre choix comme chez nous. C'est l'institution qui se charge de faire le choix et disons-le, ce choix est toujours judicieux. Quand le couple se présente pour prendre possession du trésor, on lui apporte le bébé en disant aux parents adoptifs : "Voilà votre enfant. Il est vôtre parce nous avons étudié votre situation, votre caractère, et que nous savons que le petit sera, pour vous, le mieux adaptable." 
 
2- Les bébés sont placés, par l'adoption, dans le milieu auquel ils appartiennent par nature et jusqu’à un certain point, par atavisme ou hérédité. Cette règle ne saurait pourtant être suivie avec une rigidité absolue. 
 
Nos sans-foyer et sans-parents 
 
Chez nous, disons-le en passant, il n'y a pas, sauf exception, de filles à adopter dans nos crèches. Elles s'enlèvent toutes à mesure. Il n'y en a jamais assez. "Pourquoi ?" Allez le demander à l'épouse qui aime à pomponner une jolie petite fille, et au mari, qui songe peut-être que le garçon est plus difficile à élever et moins agréable à un certain âge. Et alors, se pose, pour la société, la formation et l'éducation de milliers d'enfants mâles, qui végéteront des années durant dans des institutions insuffisamment pourvues et qui, plus tard, deviennent, pour la plupart, des parias ou des êtres déchus et désaxés. 
 
 
Nous ne jetons la pierre à personne. Nous savons seulement qu'on peut, avec beaucoup de dévouement, de sacrifices et de pieuses intentions, arriver à des résultats lamentables. Car trop de gens oublient que, pour réussir une oeuvre importante, à une époque où tout se paie en espèces, et très cher, il est nécessaire d'ajouter à la prière ce qu'on est convaincu d'appeler le vil métal. Dans le domaine qui nous occupe, la charité privée et la générosité des pouvoirs publics ont été honteusement et hypocritement insuffisantes. 
 
Dans un pays neuf et riche, qui se pique de civilisation et de progrès, il est inadmissible que, faute d'argent, faute de personnel suffisant, faute de compétences choisies et bien payées, on laisse se perpétuer le gaspillage de vies humaines, de capital humain, si l'on veut, comme cela se voit dans la plupart des refuges d'enfants sans parents et sans foyer. 
 
Le massacre des innocents 
 
Ces enfants qui, de leur naissance à l'âge adulte, n'ont pas jouit d'une minute d'affection réelle, d'une seule caresse et sont élevés en vrac, en troupeau, dans des maisons où l'on n'a pas les moyens de les nourrir avec soin, de les soigner attentivement, de les décrotter  
normalement, même de leur parler une langue humaine.  
 
Jusqu'à l'âge de quatre ou cinq ans - et l'auteur de ces lignes en a été témoin - ces enfants n'ont pas encore appris à parler comme les autres, pour la raison qu'aucun adulte n'a pu converser avec eux régulièrement. Il en est parmi eux qui ne peuvent alors que pousser des cris d’animaux. Tous ou presque tous, sont devenus des arriérées mentaux qui ne pourront jamais reprendre le temps perdu. C'est le massacre des innocents.  
 
Et, au temps de l'adolescence, alors qu'il faut les lancer dans la vie, ces êtres, que rien n'a préparés à vivre dans le monde, sont confiés bien souvent à des soi-disant nourriciers qui les maltraitent ou les exploitent. Notre enquête nous a révélé, par plusieurs cas incontestables, que ce système entretient, dans notre société, une chose dont le nom lui fait pourtant horreur : l'esclavage. 
 
Nous ne disposons pas, ici, du temps et de l'espace voulus pour entrer dans plus de détails. Il en est d'horribles. 
 
Encore l'exemple américain 
 
La brève étude du problème que nous avons faite dans une institution catholique de Chicago nous servira encore d'exemple. Les enfants n'y sont pas parqués par 30 ou 40 dans un même dortoir.  
 
Ce qu'on a voulu donner à ces pauvres petits, comme on le fait dans presque tous les États américains, c'est la vie de famille, l'ambiance familiale, que rien ne saurait remplacer. On a divisé l'orphelinat en appartements genre "cottage", où il n'y a pas plus de huit enfants et où une garde spécialisée est entièrement à leur service et leur tient lieu de mère. Les repas, les jeux, les promenades, les conversations, les soins médicaux, les manières d'agir, tout s'y fait comme dans une famille ordinaire. De la sorte, chacun de ces enfants acquiert les habitudes, la mentalité et les connaissances de l'orphelin ordinaire, dont la mère veuve a gardé un bon foyer. 
 
Dans nos institutions officielles pour sans parents, on calcule que les pouvoirs publics n'accordent que 0,90 $ par jour pour la nourriture de chaque enfant. C'est une honteuse subvention de famine. Et les personnes qui, en se dévouant, cherchent à tirer le meilleur parti possible de cette maigre pitance, ne sauraient porter tout le blâme d'une situation aussi tragique. 
 
Il est de toute nécessité que l'on mette fin à ce drame de l'enfance en mettant à contribution, non seulement tous nos services sociaux, mais tous les hommes et femmes de bonne volonté, pour trouver les fonds suffisants à la réforme qui s'impose. 
Ce serait pure hypocrisie de vanter les bienfaits de l'adoption, si l'on persistait à maintenir le système actuel. 
 
Car l'enfant de cinq ans et plus, qui a toujours vécu dans vos orphelinat n’est généralement plus adorable, parce qu’il est devenu un arriéré incurable et que personne ne veut plus de lui. 
 
Le système des "cottages" 
 
Il faut donc rendre cet enfant adoptable. Et l'on ne peut le rendre adoptable qu'en lui procurant l'ambiance de la vie familiale. Il nous semble qu'il n'y a pas d'autre moyen d'y arriver qu'en créant, sur le modèle américain, le système des "cottages" ou foyers normaux, où quelques orphelins réunis sous la garde de femmes spécialisées et bien payées, auront leur famille et apprendront à parler, manger, jouer, sentir, penser, comme les autres enfants. Et ils fréquenteront les mêmes écoles que ces derniers. 
 
C'est, à notre point de vue, le moyen le plus efficace de faire de tous ces petits des citoyens normaux et utiles. Ils seront préparés à faire face à la vie et ils ne traîneront pas, comme un boulet infamant, le souvenir d'une enfance et d'une adolescence tragiques. 
 
Un appel à la conscience 
 
Pour conclure, nous croyons pouvoir affirmer qu'il est nécessaire et urgent de former un comité d'hommes et de femmes dépouillés de préjugés politiques ou sectaires et décidés à passer à une action pratique après étude approfondie de la situation. Il existe des institutions richement dotées pour les enfants informes; à plus forte raison doit-il en exister pour les enfants physiquement sains qu'on laisse détruire par milliers. 
 
Si un tel comité est composé de personnes sérieuses, intelligentes et inspirées d'un esprit vraiment chrétien, nous avons la conviction qu'il ne tardera pas à tirer les mêmes conclusions que nous et à traduire en action son désir de sauver de la perdition des milliers d'enfants. Autrement, ces enfants, une fois parvenus à l'âge d'homme, deviendront, comme c'est aujourd'hui le cas, la proie facile de toutes les contagions morales
 
 
 
Par Robert Carrière 
 
 
 

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MessagePosté le: 2009-01-05, 16:17    Sujet du message: Publicité

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