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« LES ORPHELINS DE DUPLESSIS » (Je faisais parties de ce documentaire)

 
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Picotine


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MessagePosté le: 2009-01-04, 20:27    Sujet du message: « LES ORPHELINS DE DUPLESSIS » (Je faisais parties de ce documentaire) Répondre en citant

De : Miséricorde  (Message d'origine)Envoyé : 2005-01-05 09:24
TRANSCRIPTION   
« LES ORPHELINS DE DUPLESSIS »  
 
 
10.00.31. Réunion du Comité des Orphelins de Duplessis. Bruno Roy : Vous êtes à peu près tous des enfants illégitimes qui avez fréquenté des crèches. Vous n’avez pas été adoptés, vous avez fait des institutions. Vous avez été exclus de l’éducation. Vous n’avez pas eu d’éducation. Vous avez eu des sévices, des agressions sexuelles, etc., des violences physiques, puis vous avez eu une exploitation économique. On vous a fait travailler pour rien. On continue, on continue le portrait. On continue le portrait. La marginalisation sociale, la pauvreté, le désordre psychologique ; en résumé, vous avez eu une vie extrêmement difficile, gâchée pour certains, comme les orphelins de Duplessis.
 
10.01.12. COMMENTAIRE : Dans les années 50, des centaines d’enfants sains d’esprit ont été placés dans des hôpitaux psychiatriques. Il aura fallu dix ans de lutte au comité des Orphelins de Duplessis pour faire reconnaître au gouvernement du Québec sa responsabilité dans cette affaire.

10.01.29. Le Premier ministre Landry, qui est à l’origine de ces propositions, dites finales, parle d’un dénouement digne et honorable.



10.01.36. Bernard Landry : Je pense que l’ensemble de notre société doit se réjouir de voir que nous allons mettre, dans la dignité et l’honneur, un terme à un épisode de notre histoire qui n’est pas le plus glorieux.



10.01.50. COMMENTAIRE: En 2003, le gouvernement a finalement indemnisé 1300 orphelins pour un montant moyen de 25.000 $ canadiens par personne, soit 15.600 euros. 400 Orphelins ont été refusés. Et plus de 3000 autres ont disparu.



10.02.10. COMMENTAIRE : Après la dernière guerre mondiale, le Québec était dirigé par l’ultra conservateur Maurice Duplessis. Présidée par le Cardinal Léger, l’Eglise étendait son pouvoir sur la santé, l’éducation et les services sociaux. Les communautés religieuses recevaient des subventions de l’Etat pour les crèches, les orphelinats, les écoles, les hôpitaux, dont elles étaient propriétaires.



10.02.39. COMMENTAIRE : Il faudra attendre 1965, avec la révolution tranquille, pour que l’Etat prenne en charge totalement l’éducation et la santé et que l’influence politique et sociale de l’Eglise diminue. Cette époque restera celle de la grande noirceur.



10.02.56. COMMENTAIRE : Dans ce temps-là, les crèches accueillaient beaucoup d’enfants illégitimes. La société québécoise était fondée sur la morale religieuse et les femmes célibataires subissaient de fortes pressions pour abandonner leur enfant.



10.03.17. Robert Carrière (historien amateur) : Vous avez ici la salle de préparation. Il y avait jusqu’à trois filles-mères qui assistaient en même temps, là, avant l’accouchement. Et ici, vous avez la fameuse salle d’accouchement. Le crucifix y est abandonné aussi, avec la salle d’accouchement des filles-mères. Bon. De 1873 à 1945 il y a eu près de 42.000 bébés qui sont nés dans cette pièce. Aussitôt que la fille-mère avait accouché de son enfant, elle était séparée immédiatement de son bébé. Et le bébé, lui, était descendu dans un monte-charge jusqu’au rez-de-chaussée pour être baptisé. La fille-mère ne voyait jamais son enfant.



10.04.30. Bruno Roy : Je suis né, moi, donc, en 1943, et il y avait un tabou dans la société qui était très très très fort, qui était celui des enfants illégitimes qu’on considérait comme des enfants du péché, et par conséquent, nos mères étaient le produit – nous étions le produit du péché de nos mères. Et ça a entraîné, sur le plan social, une exclusion. Les crèches, à l’époque, dans les années 40 et 50, étaient également surpeuplées. De sorte que ça a eu comme effet que les enfants qui étaient là étaient maintenus dans une espèce de sous-développement à tous les niveaux : intellectuel, au niveau moteur, au niveau psychologique, au niveau des connaissances usuelles, etc. Et ça a fait de nous des enfants qui étions en retard par rapport à une normalité au même âge. On va trouver, par exemple, dans mon dossier, que « cet enfant est un arriéré mental », mais tout de suite on va préciser, on va préciser : « Mais si cet enfant était dans une situation d’apprentissage normale, il pourrait se développer. »



10.05.32. Denis Lazure (psychiatre) : Et ces enfants grandissaient à la crèche. Lorsqu’ils arrivaient à 10 ans, 12 ans, 13 ans, qu’ils devenaient turbulents, difficiles, ou dans leur conduite ou dans leur apprentissage, le peu d’apprentissage scolaire qui existait – il n’y en existait pas beaucoup – à ce moment-là, les religieuses communiquaient avec l’hôpital psychiatrique, qui était ici à Saint-Jean-de-Dieu, Louis-Hyppolyte-Lafontaine maintenant, et le jeune ou la jeune était dirigé vers un hôpital psychiatrique. Et pour que le sujet soit admis, le médecin inscrivait un faux diagnostic d’arriération mentale, de déficience mentale ou de maladie mentale.



10.06.21. COMMENTAIRE : En 1950, les sœurs de la Providence inaugurent un Institut pour les enfants retardés mais éducables, ceux qui croupissent dans les crèches, les orphelinats et les hôpitaux psychiatriques. Mais le rêve tourne court. La construction du bâtiment a coûté beaucoup plus cher que prévu. Pour récupérer des subventions fédérales, Maurice Duplessis conseille au cardinal Léger de transformer le Mont-Providence en hôpital psychiatrique. Chaque enfant rapportera ainsi 2,40$ par jour au lieu de 70 cents. L’arrêté ministériel prévoyait de donner 3 millions de dollars aux sœurs, soit près de 2 millions d’euros. En échange, elles s’engageaient à accueillir 1000 idiots et séniles et à ne plus enseigner aux orphelins.



10.07.18. Bruno Roy : Les religieuses au début ont beaucoup résisté parce qu’on dit : « Que vont devenir ces enfants, qui sont quelque part des enfants normaux ? » Et c’est là qu’elles se rendent à l’évidence qu’elles n’auraient pas l’argent si elles refusent de changer la vocation de l’institution. Et là elles cèdent, elles cèdent aux pressions du cardinal Léger et elles acceptent de changer la vocation du Mont-Providence. C’était un drame pour elles, il faut bien comprendre. C’était un drame. Mais cela dit, elles ont quand même fait le choix de l’argent.



10.07.53. COMMENTAIRE : Le 12 août 54 l’école du Mont-Providence est devenu un hôpital psychiatrique et les 370 écoliers qui s’y trouvaient sont officiellement devenus des malades mentaux.



10.08.10. Daniel Jacoby (protecteur du citoyen) : Le drame qui s’est véritablement produit et qui est inacceptable de la part d’un gouvernement ou de l’Etat, c’est que, pour des raisons strictement financières, on a converti du jour au lendemain des gens qui étaient tout à fait normaux en personnes éprouvant des maladies mentales ou en déficients intellectuels.



10.08.52. Bruno Roy : Nous étions dans la cour et nous avions vu arriver trois autobus. Les gens qui débarquent sont presque en pyjama. Et je me souviens très bien de cette sensation d’anormalité, si je peux dire, quand on a regardé ces gens-là. Ils avaient un comportement auquel on n’était pas habitué, ils avaient un regard – mais un regard fermé. Et entre nous, on se disait : « Mais dis donc, c’est des fous ! C’est des malades mentaux ! »



10.09.26. COMMENTAIRE : Les religieuses du Mont-Providence vêtues de noir en tant qu’éducatrices, s’habilleront désormais en blanc pour soigner les malades.



10.09.35. Bruno Roy : La religieuse qui est tout de blanc vêtue et qui tente de nous expliquer la situation n’y arrive pas clairement, parce qu’elle n'ose pas dire qu’on est devenus des fous. Mais nous sommes considérés comme tels de par le mandat que le Mont-Providence venait de se donner comme hôpital psychiatrique. Donc, au lieu d’aller à l’école, tous les jours on travaillait là. Il y avait des fonctions différentes. Moi, ma fonction, c’était d’aller dans des dortoirs où il y avait des fous et de les laver, eux, c’est-à-dire que moi je lavais des vieillards, j’avais 12 ans. J’ai même lavé – le souvenir que j’ai, c’est que je lavais des scrotums de vieillards.



10.10.16. Martin Poirier (économiste) : Nous, on a calculé, de 1940 à 1960 combien ça représentait de sommes additionnelles pour les communautés religieuses, le fait de placer des enfants qui étaient autrefois en orphelinat, de les déplacer en institut psychiatrique. Les communautés religieuses ont reçu un montant additionnelle de 70 millions de dollars en dollars d’aujourd’hui. Il faut comprendre que c’est vraiment un minimum, parce qu’on ne tient pas compte du travail des enfants, parce que les enfants travaillaient en institut psychiatrique, contrairement aux orphelinats où les enfants étudiaient. Les communautés religieuses n’avaient pas à donner d’éducation aux enfants, donc économisaient beaucoup en salaires à ce niveau-là. Donc 70 millions de dollars, c’est vraiment un minimum.



10.10.54. Daniel Jacoby : Une génération de personnes qui viennent de milieux défavorisés se sont retrouvés du jour au lendemain complètement transformées dans leur identité, avec perte de droit. Parce qu’à partir du moment où vous êtes catalogué par un médecin – un médecin, ce sont des médecins qui ont accepté de poser des diagnostics erronés – eh bien vous perdez tous vos droits de citoyen. Du fait d’être orphelin, c’était déjà privation de beaucoup de droits. Mais le fait d’être catalogué en plus comme malade mental, ça, ça enlevait absolument tous les droits. Donc, on se retrouvait à peu près comme des légumes. Et c’est ce qui est arrivé d’une certaine manière. Et il y en a encore qui sont vivants aujourd’hui. Leur moyenne d’âge doit être autour de 58 ans. Il y en a encore aujourd’hui qui – et on voit très bien qu’ils ont subi des séquelles terribles pour avoir vécu dans des conditions comme ça. On les a décrété fous, on les a traité comme des fous, eh bien ils sont devenus fous.



10.12.11. Denis Lazure (psychiatre : dialogue avec un patient, à l’hôpital psychiatrique) : Il pourrait sortir de l’hôpital. Il est assez bien pour sortir de l’hôpital. Mais il refuse pour le moment de sortir, parce que, me dit-il : « C’est ma vie, c’est mon milieu, c’est ma famille. Je n’ai pas d’autre famille. »
Denis Lazure : Mais quand tu es arrivé au Mont-Providence, tu avais quel âge ?




10-12-28. Eugène Kurot : J'avais 3 ans
Denis Lazure : 3 ans; et ensuite tu es venu ici à quel âge ?
Eugène Kurot : Je suis venu ici à 15/16 ans.
Denis Lazure : 15-16 ans c'est ça, et maintenant tu as quel âge ?
Eugène Kurot : J’ai 58 ans.
Denis Lazure : Il craint de sortir de l’hôpital. Peut-être sortira-t-il un jour. Mais il veut voyager. Tu veux aller où maintenant ?
Eugène Kurot : Moi, j'aime bien ça, j'aimerai bien aller... Roland à côté y connaît tous les voyages.
Denis Lazure : C’est un de ses compères d’à côté qui a voyagé beaucoup.
Eugène Kurot : Mais il a eu son mandat.
Denis Lazure : Il a eu son mandat. C’est un autre orphelin qui a eu son mandat. Combien il a eu, lui ?
Eugène Kurot : Lui il a eu 26.000.
Denis Lazure : 26.000, c’est ça. Le minimum c’est 25.000. Toi tu as eu combien ?
Eugène Kurot : 32.250.
Denis Lazure : Lui, son diagnostic, c’était débile mental. Mais tu es intelligent, toi.
Eugène Kurot : Oui, oui.
Denis Lazure : Tu es capable de compter jusqu’à combien ?
Eugène Kurot : Je compte jusqu’à 100, 200. Je compte l'argent qui est dans mes poches, je compte ça.
Denis Lazure : Oui, donc lui, c’est clair qu’il y a eu un faux diagnostic, c’est évident.

















10.14.28. Antoine Godbout : Malheureusement, ça n’a pas été une belle expérience pour nous autres. Ma mère a pleuré énormément quand elle a appris ça, elle n'en revenait pas. Elle pensait que j’étais adopté, parce qu’elle était venue me chercher deux fois. Et puis y ont refusé. Puis je n’étais même pas adopté. Et puis ma mère, elle m’a mis au monde. Un an et demi après, elle s’est mariée avec mon père biologique. Puis mon père a dit : « On va aller chercher notre gars. » Ils n’ont jamais voulu me remettre. Puis j’étais justement ici quand ça s’est passé.



10.15.00. Ici, c’était la cuisine, ici. Ça fait longtemps, c’est vieux.



10.15.15. De très mauvais souvenirs. Ça ici, c’était la salle où on se tenait tout le monde ensemble. Moi j’étais toujours à côté d’une porte. Puis, on ne faisait pas grand-chose, on végétait, on n’avait pas de jouets, on n’avait pas de jeux, on n’avait pas de sport, on n’avait absolument rien, rien, rien, rien, rien. On passait nos journées ici. J’ai passé de 1946 à septembre 1950. J’ai quitté ici en 1950. On était très content, parce qu’on s’en allait dans une autre institution. Mais on nous disait qu’on quittait pour avoir des cours, des écoles, puis tout ça. Puis ça a duré à peu près un an. Après ça, ça a tourné en un centre pour les fous. Là, ils ont commençé à transporter des patients de Saint-Jean-de-Dieu. Ils ont commençé à mettre des grillages, des châssis, et tout. Nous, on était déçus. On s’est dit : « On va tous mourir ici. Qu’est-ce qu’ils vont faire avec nous ? » Toujours dans l'angoisse, on ne savait jamais où est-ce qu’on allait avec les communautés, ni avec l’Eglise, c'est eux autres qui menaient tout ça.



10.16.31. Croyez-moi que quand je suis arrivé ici pour la première fois, j’étais estomaqué, j’ai dit – je voyais les patients, puis je me suis dit : « Mon dieu, qu’est-ce que je fais ici ? » Puis j’étais vraiment marqué par ça et je ne l’oublierai jamais. Jamais. Ça m’a suivi toute ma vie.



10.16.54. Les tests qu’on m’a fait passer ici, c'était pour me déclarer débile mental, c’était de me faire compter sur les doigts à l'envers jusqu'à huit. Et puis je n’étais pas capable, parce que je n’avais pas appris à compter. Je n’étais vraiment pas capable. Et puis à un moment donné, ils se sont réunis – parce que ce que je vous raconte là, c’est écrit dans mon dossier là – ils se sont réunis, puis ils ont décidé que j’étais débile mental. Puis là, j’étais condamné à rester ici. Pour une petite escousse, c’était la seule et unique raison pour laquelle ils m’ont déclaré débile mental ici. Et j’ai regardé mes dossiers. Puis je n’en revenais pas en relisant mes dossiers, comment est-ce qu’on pouvait nous manipuler comme ça ? C’est criminel ce qu’ils nous ont fait. Moi en relisant, mes dossiers, c’est criminel. Ils m’ont gaspillé une vie.



10.17.54. Ça ne se peut pas de revivre ça. Les agressions sexuelles étaient très répandues au Mont-Providence, mais tout le monde, c’était le silence, c’était le secret. Les seules personnes qui étaient vraiment au courant, c’étaient les prêtres qui étaient là au Mont-Providence. Mais il y avait plusieurs éducateurs qui étaient là-dedans, au moins trois, que c'est sûr c'est eux qui agressaient les enfants. Mais on ne pouvait pas parler, parce qu’on avait peur – on les voyait tous les jours, ces agresseurs, alors on ne pouvait pas. Ils travaillaient là. On en parlait juste au confessionnal ; c’était la seule place où on pouvait en parler, parce qu’on savait que tout ce qui se disait là, ça ne sortait pas de là. Donc on avait besoin d’en parler, mais ça restait là. Mais au Mont-Providence, il devait y avoir à peu près 150 enfants qui étaient abusés, ça je le crois facilement.



10.18.50. J’ai dit au juge, je lui ai dit encore une fois : « Je ne reviendrai pas sur ma décision, ce type là, il m'a violé, il m’a entraîné dans le mal. » Puis j’ai dit : « Avec des moyens pas trop catholiques » Quand la sœur me disait : « Monsieur Ceran vous allez avoir une volée» C’est lui qui donnait la volée. Mais lui, là, pour qu’on accepte de se faire violer, il dit : on va frapper sur le mur, comme ça, ça ne paraîtra pas. Evidemment, c’était comme ça qu’il nous avait. Puis il nous avait aussi avec des regards. Ce gars-là, il nous regardait d’une façon alors – on comprenait ce que ça voulait dire. Moi, j'avais peur, j'avais peur.



10.19.26. Quand je suis retourné dans le monde du travail, que j'ai découvert le monde, il fallait toujours jouer un rôle, il fallait toujours démontrer qu’on n’était pas des fous. On jouait un rôle artificiel, comme si on était des gens bien normaux, on faisait attention, on observait beaucoup comment les autres fonctionnaient, comment ils discutaient, comment ils parlaient. Puis c’était avec ça qu’on se servait, nous, pour pouvoir s’exprimer avec le monde extérieur. On se servait des autres pour pouvoir – on prenait un peu la personnalité de l’autre, parce qu’on n’avait pas de personnalité, on en avait pas développée.



10.20.39. Jacqueline Pearl-Rathier : T' étais rien, t'avais pas de parents, t' étais rien. C’est comme ça qu’on était, les orphelines de Duplessis comme moi. Je passe un test, et puis on m’avait dit de faire un bonhomme. Moi, un bonhomme, c’était qui ? Je ne connais pas ça les bonhommes, je connais les petites filles, moi. J'avais fait un bonhomme, c’était une petite fille que j’avais faite, avec une petite jupe. Ce n’est pas que je sois bonne en dessin, loin de là, mais je sais pas, là… Puis un mois après, au mois de novembre, on a décidé de me placer à la Société de réhabilitation, ça s’appelait le Pavillon Perreault, à Sherbrooke. Aujourd’hui, entre parenthèses, je sais pourquoi j’ai été placée à la réhabilitation, au Pavillon Perreault. Dans mon dossier c’est bien inscrit : « Arriérée mentale. » Aye ! J’avais 10 ans. J’étais pas une arriérée mentale. C’est pas vrai, ça. Non, non ! Puis dans un autre document c’est marqué : « Apparence générale médiocre. » Imagine ! J’avais 10 ans, médiocre. Moi, quand j’ai eu mon dossier, en 94, puis quand je l’ai lu, j’ai pleuré, j’ai pleuré, j’ai pleuré. J’ai fait des cauchemars. Les rêves que je faisais, c’était terrible. C’est venu me chercher. C’est venu me chercher. C’est venu me chercher au plus profond de mon être, tout ce que j’ai enduré, ce que j’ai subi. C’est vrai que notre subconscient, il capte tout, il capte tout, tout, tout, tout, tout. Puis tout m’est revenu en pleine face.



10.22.33. Ils ont dit dans mon dossier : « Pourquoi elle a redoublé sa deuxième année ? » La réponse, en bas, c’est marqué : « Elle ne comprenait rien. » Comment vous voulez qu’un enfant puisse comprendre à l’âge de 7 ans ou 8 ans ? Se faire maltraiter, à coups de barreaux de chaise sur le dos parce que je faisais des fautes ou parce que j’écrivais de côté. Il fallait que ça soit, tiens, comme ça, la ligne droite.



10.23.05. Un après-midi, bien ordinaire, la sœur, je ne sais pas ce qu’elle avait mangé cette journée-là, comme on dit, de la vache enragée ! On faisait une dictée, et puis, c’est vrai, je faisais beaucoup de fautes. Elle avait une règle, qui avait du fer dessus la règle, puis elle m’en a donné un coup sur la main. « Aïe ! ça fait mal ! Ma mère, ça fait mal ! » Elle est allée à son pupitre, puis elle est revenue avec un bâton. Aujourd’hui, on peut appeler ça un barreau de chaise. Là, elle m’en a donné, elle m’en a donné. Je, je, je mettais ma main comme ça pour pas poser ma main, mes bras en tout cas. Puis là, elle m’en a donné un sur la tête, elle m’en a donné un sur le corps. J’ai tombé en bas de, de mon, de ma, de ma chaise, du pupitre. Puis là, elle continuait à se varger sur moi, elle me donnait des coups par terre, que même j’ai, que j’ai, j’ai fait pipi dans ma culotte. Là, j’avais une peur ! Mon dieu, j’ai pleuré. Je pleure encore, malheureusement. Elle m’a dit d’arrêter de pleurer, mais plus qu’elle me disait d’arrêter de pleurer, plus que je pleurais. Est-ce une manière de défense ? C’était ma seule défense que je pouvais avoir. Une vraie tortionnaire ! C’était une vraie tortionnaire.



10.24.45. On m’a mis la camisole de force. On m’a jeté des chaudières d’eau froide sur la tête pour me calmer, quand ça empirait mon cas. Ça n’allait pas, ça. J’ai mangé – on m’a donné un coup de support en bois ici sur le bras ; j’ai encore la cicatrice. Je n’avais pas de désir. Je n’avais pas de rêves. Je n’avais même pas d’illusions. J’étais comme un zombie : « Toi, Jacqueline, tu t’assois là, puis tu restes là. Toi, Jacqueline, t’as pas à faire à parler. Toi, Jacqueline. » C’était une discipline exagérée.



10.25.24. Mgr. Raymond Saint-Gelais : Ecoutez, il y a cinquante ans, c’était bien différent comme sensibilité. Je ne veux pas dire que – je ne veux pas excuser pour autant, mais je pense qu’il faut situer les méthodes d’éducation des années 40-50 dans le contexte de ce temps-là. Ça ne veut pas dire que les professeurs ont été tortionnaires, mais il reste que, qu’on donne une tape dans le chignon d’un enfant à un moment donné, ce n’était pas une chose qui était (euh), qui était… Moi, j’ai déjà reçu une volée de mon père, puis, bon, ça m’a fait du bien. Mais c’était, c’était, c’était la méthode du temps. Aujourd’hui, c’est sûr que les sensibilités sont différentes.



10.26.05. Daniel Jacoby : Alors, il y a eu énormément de sévices sexuelles, il y a eu beaucoup d’abus, de violences physiques et tout ça. Et ça, c’était déjà – et ça, il faut bien comprendre que même si on remonte aux années 40 et 50, il faut penser que c’était déjà des infractions ou des atteintes au code pénal. Il faut penser aussi que la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme qui dénonce les mauvais traitements existait depuis les années 50 ; elle s’appliquait au Québec comme elle s’appliquait dans tous les pays qui avaient adhéré à cette déclaration-là. Donc, sur le plan légal, les choses étaient tout à fait (euh), tout à fait non-conformes, non seulement à des pratiques mais à des lois, à des textes, des textes obligatoires, des textes qui s’appliquaient.



10.27.29. Joseph Sylvestre : Je vous présente ma femme. On est conjoint de fait, mais c’est quand même comme mariés. 18 ans que cette femme-là est avec moi. Elle m’a toujours encouragé.



10.27.40. Thérèse Cherrier : Ça a été dur les débuts. J’ai été un petit peu découragée des fois, parce que cet homme-là, à 44 ans, il était comme un petit garçon de 13 ans. Puis moi, je n’avais pas été habituée que les gens disent n’importe quoi à n’importe quelle circonstance, n’importe où, à n’importe qui.



10.28.02. Joseph Sylvestre : Mon but, c’était de retrouver ma mère. Je me disait : « C'est qui ça ma mère ? Qui c’est ça ma mère ? » Personne ne me l’a expliqué, personne ne me l’a expliqué. Là j’ai vu une sœur du Bon-Pasteur de Québec. Elle s’appelait sœur Saint-Sylvestre. Moi, je m’appelle Sylvestre. J’ai dit : « Vous ne seriez pas ma mère par hasard ? »



10.28.22. Ils m’ont envoyé à Saint-Michel-Archange de Québec. Je sais pas si vous avez connu ça. C’est l’hôpital psychiatrique. Moi je ne connaissais pas Saint-Michel-Archange. « Le sais-tu ? » Moi j’ai dit : « Oui, c’est une grosse bâtisse. Je vois des messieurs qui parlent tout seul, puis des gars qui font des gestes. » Là il y a marqué dans mon dossier : « Un peu débile. » Ça fait que deux jours après, il m’a fait passer devant le conseil des médecins. C’était tous des gangs psychiatres, ils sont aussi fous que les malades qu’il y a là-bas. Ça fait que là ils ont dit – ils commencent à lire mon dossier : « Ah, il a déserté des institutions ; c’est un petit gars qui était dérangeant. » Puis toutes sortes d’affaires de même, pour que je sois interné. Comme de fait, le docteur il a bien marqué, la deuxième fois que j’ai passé : « C’est vraiment un débile profond. » Là j’ai commencé à avoir des traitements. Là, j’ai eu la première pilule. La première pilule que j’ai eue, c’était du Largatil. Prenez jamais ça parce que ça fesse. Tu sais, on est comme un zombie. Puis là, il y a un gardien qui est arrivé devant moi ; il dit : « Essaie de te dégourdir un peu, il dit, rends-nous des services, Joseph. J’ai su que tu servais des messes. » « Mais pour un débile mental, servir la messe, j’avais dit ça à la sœur. Elle dit : « Laisse faire le débile mental, tu vas servir des messes. » « Je vais essayer de rendre service. » Mais j’avais mes médicaments ; c’était fort. Ça a donné que j’ai jeté un médicament. Là, j’en pouvais plus. J’étais deux jours dans une cellule, j’ai eu du Largatil, du Nosilam, puis du Gardénal.



10.29.48. Au 5D, il y avait un dortoir ; c’étaient des handicapés, ils faisaient dans leur lit. Mais c’est nous autres, les malades, qui changeaient les malades. Les gardiens, ils étaient assis. Puis nous autres, qu’est-ce qu’on faisait ? Parce qu’eux autres, ils ne voulaient pas se beurrer. Les malades, des fois, quand ils font dans le lit, c’est – je ne sais pas si vous me comprenez – c’est des cacas, puis des pipis. On se lavait les mains après, puis on avait de l’alcool, puis retourne te coucher. Ça, c’est au 5D, ça. Puis là, je m’ennuyais de qui, puis là je pouvais pas écrire de lettres, j’avais de la misère à écrire. Puis à part ça, j’ai dit : « A qui je pourrais me fier ? » Je parlais avec un malade qui était là, qui était à moitié fou – je ne ris pas des autres parce que je connais pas la psychiatrie, pourquoi il était là, lui.



10.30.32. Je me rappelle aussi que la nuit je me levais. Des gardiens nous faisaient des sévices. Puis on avait peur d’en parler, on avait peur. Là il y a un prêtre qui m’a vu servir la messe un matin, puis ça me faisait mal. J’étais assis. Je ne faisais que me lever. Là aujourd’hui je réalise ce qu’ils m’ont fait. J’ai appris le mot, c’est sodomie.



10.30.59. Elle s’appelle Thérèse-de-la-Croix ; ça c’est la sœur, la sœur qui m’a fait le plus souffrir à Saint-Michel. J’avais jamais raison. « C’est nous autres qui mènent, puis t’es ici pour te faire soigner. S’il le faut, tu vas mourir ici. » C’est la seule sœur que je critique, parce que les autres sœurs m’ont pas magané. Là, elle a donné l’ordre aux gardiens de me punir. La punition, premièrement, c’était l'humiliation tu sais. Puis après, ils nous déshabillaient. J’ai vu des gardiens qui nous ont fait de drôles d’attouchements. Ils m’ont serré les parties là, tu sais là ; puis j’ai eu un coup de pied là... Là, j’ai tombé à terre. Puis là j’ai eu la camisole de force parce que j’ai résisté. Puis là, j’étais attaché sur un lit.




Miséricorde ( Je faisais parties de ce documentaire )




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MessagePosté le: 2009-01-04, 20:30    Sujet du message: « LES ORPHELINS DE DUPLESSIS » (Je faisais parties de ce documentaire) Répondre en citant

De : Miséricorde  (Message d'origine)Envoyé : 2005-01-05 09:32
.10.31.50. Thérèse Cherrier : Moi, j’ai voulu savoir. Puis c’est de même que j’ai su que Joseph venait de là, puis qu’il m’a amenée. Là, j’ai vu la sœur et la sœur, elle m’a dit – j’ai dit : « Pourquoi que vous le mettiez dans des cages, que vous le mettiez avec la camisole de force et tout ça ? » Hein, Joseph, t’avais eu ça ? Elle dit : « Oui, mais madame, il s’évadait. » J’ai dit : « Pardon ? » Elle dit : « Il s’évadait. » J’ai dit : « Donc, vous, vous dites – c’était un prisonnier ! » Eh bien elle dit : « Non ! » Eh bien j’ai dit : « Les prisonniers s’évadent, ma sœur. » Puis lui, il voulait savoir. J’ai dit : « Pourquoi il n’a plus une dent dans la bouche, cet homme-là ? » « Ben, elle dit, il contait assez de mensonges, elle dit, il fallait bien le punir d’une certaine façon. » Puis à chaque mensonge, elle lui faisait enlever une dent. Une journée, j’ai posé la question. J’ai dit : « Joseph, réponds franchement à ma question : as-tu peur d'eux autres ? » Il m’a répondu : « Oui. » J’ai dit : « Aie pas peur, Joseph. Ils peuvent rien contre toi, absolument rien. » Puis je pense qu’aujourd’hui tu me crois, qu’ils ne peuvent rien contre toi 

10.33.00. Joseph Sylvestre : Mais j’aurais toujours une certaine peur des communautés encore, parce que moi, il y a des mots qu’ils nous disaient quand on sortait de l’institution : « Vous allez retourner à l’asile. Vous allez retourner à l’asile. »



10.33.12. Thérèse Cherrier : C’est ça qu’y a peur.



10.33.13. Joseph Sylvestre : Ça, j’ai toujours eu peur de ça. Aujourd’hui, ils les renferment plus, les malades.

10.33.17. Thérèse Cherrier : Ils l’ont anéanti ! Cet homme-là, moi, quand je l’ai eu, là, il était un être humain. Point. Avec rien d’autre. Dans sa tête, là, c’était l’Eglise. Hein ? Alors, les petits hommes noirs, les grands hommes noirs, les grands en rouge là, le tournaient comme ça. Puis lui avait tellement confiance en eux autres et puis que – c’était parole d’Evangile, eux autres.

10.33.52. Daniel Jacoby : On pourrait dire qu’il y a des centaines de préjudices. Mais parlons des préjudices graves. C’est le fait d’avoir subi des traitements qui ont fait en sorte que ces gens-là ont changé non seulement leur comportement, mais sont devenus à toutes fins pratiques complètement inadaptés, des mésadaptés sociaux, des gens qui, une fois sortis de leurs établissements, étaient absolument incapables de pouvoir se mêler à la population, puis avoir des comportements normaux. Alors, ça, c’est toute une vie qui a été détruite finalement, hein ?



10.34.24. COMMENTAIRE : Joseph a 27 ans quand il quitte l’Hôpital Saint-Michel Archange. Il continue pendant 17 ans à vivre dans des hospices et des orphelinats où il travaille bénévolement pour l’Eglise. Il accompagne, comme homme à tout faire, des prêtres et des évêques, dans leurs voyages à travers le monde.



10.34.41. Joseph Sylvestre : Ici c’est ma demeure, mon musée. C’est ça qu’il faut dire ? C’est tous mes souvenirs d’enfance. Tout ce que j’ai eu comme cadeaux, je les ai gardés. Ici, c’est le Cardinal Turcotte avec le Pape, Jean Paul II, quand il a été nommé Cardinal. Il m’a envoyé sa photo. J’ai tout gardé. Ici, c’est mon musée. Tout mon musée est là. Là, il y a les différentes communautés des sœurs. Ici, j’ai un portrait de moi quand j’ai servi la messe ; je suis habillé en prêtre. Je ne sais pas si vous me voyez là. Puis moi, j’ai fait beaucoup de bénévole ; je n’ai jamais été payé pour ça, moi. C’est des « merci beaucoup », « que le Seigneur est bon », mais je servais des messes, je rendais service. Puis à chaque fois qu’il y avait des réunions épiscopales, qui préparait les salles ? C’est Joseph. Qui s’occupait de préparer les ornements ? C’est Joseph. Qui lavait les bobettes de Monseigneur et les bas ? C’est Joseph. En voyage, c’est ce que je faisais. Je m’occupais des bas, parce que les prêtres aussi, des fois, ils font des affaires dans leurs sous-vêtements. C’est moi qui les lave. Vous savez qu’est-ce que je veux dire là ? Le monsieur Lebrun, il passe là, puis nous autres on faisait Madame Blancheville, tu sais.



10.36.10. Bruno Roy : J’ai développé, quand j’étais au Mont-Providence, une relation privilégiée avec une religieuse. J’ai été, comme on pourrait dire, son chouchou. Je pouvais, par exemple, aller dans sa chambre et feuilleter un livre – c’est le souvenir que j’en ai – un livre de géographie. Donc cette relation privilégiée a fait que j’ai comme été protégé quelque part et je n’ai pas subi ce que d’autres ont subi de façon beaucoup plus violente par rapport aux moniteurs, par rapport à un certain nombre de sévices. Cette religieuse, c’est grâce à cette religieuse si moi, à 16 ans, je quitte, et c’est grâce à son intervention.



10.36.50. COMMENTAIRE : Bruno parviendra à rattraper son retard scolaire. Devenu professeur d’université et écrivain connu, le Comité des Orphelins de Duplessis lui a demandé, il y a dix ans de devenir son porte-parole.



10.37.03. Bruno Roy : Je n’avais jamais réalisé combien ces gens avaient été détruits, comment ces gens avaient été détruits. Moi, je pensais que chacun avait fait son petit bout, son petit bout de chemin, comme moi je l’avais fait. Mais quand j’ai vu ce regroupement ce soir-là, j’ai vu des enfants, des visages, mais complètement brisés. Et moi, je les ai – trente ans avant – je les avais connus comme enfants et comme adolescents. Et j’ai comme pris la mesure de ce à quoi moi j’avais échappé. Et c’est là que j’ai décidé de m’engager et de dire : « Peut-être que c’est ma responsabilité de parler en leur nom. »



10.38.04. COMMENTAIRE : Pour toucher leur indemnisation, les orphelins ont dû signer à contrecœur une quittance les obligeant à renoncer à toute poursuite contre l’Etat, l’Eglise et les médecins.



10.38.15. Bernard Landry : Le gouvernement n’était pas d’accord pour laisser entendre que les hommes et les femmes qui travaillaient dans ces institutions, pour des motifs humanitaires ou religieux, étaient à blâmer au moindre degré. Je l’ai déjà dit, moi j’ai une de mes tantes qui était sœur de la Providence, pour laquelle j’ai la plus grande admiration. Elle a donné sa vie au service des démunis dans des conditions qu’elle n’a pas choisies. Est-ce qu’au moindre degré, je vais salir sa vie et blâmer sa vie ? Elle n’a rien fait de mal. Elle n’a fait que du bien. Et puis elle est octogénaire aujourd’hui, et qu’on lui laisse la paix !



10.38.51. Bruno Roy : L’impression que nous avions, c’est que le gouvernement préservait le silence de l’Eglise en nous imposant, à nous, une quittance. Et si on ne signait pas la quittance, on ne touchait pas le montant. Et après dix ans de lutte, je pense que les gens ont compris que c’est une lutte difficile et il fallait donc prendre acte de la réalité, et que s’il n’y avait pas de quittance, eh bien il n’y avait pas d’indemnisation.



10.39.38. Jacqueline Pearl-Rathier : Moi j’ai signé cette quittance-là par obligation et non par choix. Moi, c’est par obligation. J’ai signé cette maudite quittance parce que je vivais dans la totale pauvreté, totale. Je la vivais.



10.39.54. Daniel Jacoby : En exigeant des victimes qui reçoivent une indemnité de renoncer à d’éventuelles poursuites judiciaires, c’est un véritable abus de droit, c’est un déni de justice que de demander ça. Et je pense que, d’une certaine manière, je dis : même si on ne l’a pas fait intentionnellement, on profite d’un groupe de personnes qui sont déjà faibles, qui sont déjà d’une certaine manière démunis pour leur soutirer un papier qui empêche les poursuites. Il y a un déséquilibre incroyable. Alors quand on regarde ça comme ça, ça me paraît un peu, un peu gros comme situation.



10.40.38. Bruno Roy : L’Eglise refuse de s’excuser au moment où on se parle, même si nous avons signé pour l’ensemble une quittance. L’Eglise ne veut même pas reconnaître les faits.



10.40.47. Mgr. Raymond Saint-Gelais : Notre position demeure celle où on dit :  On peut déplorer une situation, mais demander des excuses, ça serait jeter un blâme sur un ensemble.  D’autant plus qu’au plan des poursuites judiciaires, il n’y a pas eu effectivement de démonstration de la culpabilité des communautés religieuses.



10.41.17. Abbé Desroches : Un crime contre l’humanité ! Priver un enfant de son évolution, de son éducation, d’une vie normale. Un jour, j’ai surpris un enployé abuser sexuellement d’un enfant. Et puis moi qui suis un homme très doux, j’ai cassé la gueule. Alors, ça a été, putain, l'émoi, un scandale ! Et moi je voulais ouvrir les yeux des gens. J’ai répondu. Bon, les paroles, ça s’envole. Tandis que là, c’était un acte. Il fallait qu’il juge. J’ai eu une promotion : ils m’ont mis dehors.



10.42.14. Denis Lazure : L’Eglise catholique du Québec, par la voie de ses porte-parole il y a quelques années, a avoué que si on ne présentait pas d’excuses publiques, c’est parce qu’on avait peur qu’il y ait obligation pour l’Eglise de compenser financièrement et que, en faisant ça, on allait priver des prêtres retraités de leur rente de retraité. Alors c’est assez mesquin de la part de l’Eglise catholique du Québec, et moi comme bien d’autres, on pense que, et l’Eglise catholique et le Collège des médecins devraient suivre l’exemple du gouvernement du Québec. Et pour que cette tache importante soit effacée une fois pour toutes, il faudrait que les deux autre partenaires – médecins et Eglise – présentent leurs excuses.



10.43.07. COMMENTAIRE : La responsabilité des médecins dans l’internement des orphelins est incontestable. Le Collège des Médecins était prêt, il y a quelques années, à faire des excuses publiques. Il s’est ensuite rétracté, de peur d’avoir à indemniser les victimes.



10.43.28. Mgr. Raymond Saint-Gelais : Il y a eu la réconciliation et depuis ce temps-là, pour nous, le dossier est clos concernant les Orphelins de Duplessis.



10.43.35. Bruno Roy : Ce dossier n’est pas clos pour moi. Bien sûr que 85% du groupe se trouve avoir été indemnisés. Et tant mieux pour eux. Mais hélas, il y a encore des sous-groupes. Et un des sous-groupes, c’est celui de Huberdeau.



10.43.54. Réunion du Comité des Orphelins de Duplessis (Bruno Roy) : Vous avez eu des sévices, des agressions sexuelles, etc., des violences physiques, comme les Orphelins Duplessis. La seule différence ici, c’est au niveau de l’internement, ce que moi j’appelle un internement de fait et un internement illégal. Le fait que vous ayez fréquenté Huberdeau, ce n’était pas illégal, même si vous avez eu toutes sortes de souffrances, ce n’est pas illégale. Alors que le même enfant qui fréquente Saint-Jean-de-Dieu, c’était illégal. Et c’est ça que le gouvernement met en avant. Cela dit, il est clair que c’était illégal de vous sodomiser, de faire des agressions sexuelles, de faire de vous – de vous exploiter sur le plan du travail, etc. Ça, c’est d’autres aspects, mais c’est individuel. Nous, ce qu’on essaie de démontrer, c’est que dans le cas d’Huberdeau, c’est collectif.



10.44.47. COMMENTAIRE : Le gouvernement n’a pas indemnisé les centaines d’autres orphelins mis en maisons de redressement ou en orphelinats et qui ont été handicapés à vie. Aujourd’hui, deux cents d’entre eux qui ont vécu au Centre d’Huberdeau continuent à demander réparation.



10.45.00. (Manifestation)



10.45.26. Le patron de l'église, son bureau est juste à côté. On va aller lui demander si on peut se permettre de prier dans son église.





10.45.52. Manifestant : On dénonce les abus sexuels dans l’Eglise catholique, surtout à travers certaines communautés religieuses. Tantôt, on a une conférence de presse au palais de Justice, donc on ne traînera pas ici bien longtemps. Mais ça serait un geste, et beaucoup de ces enfants-là ont été élevés dans votre Eglise, avec toutes les valeurs très chrétiennes. Ils aimeraient aller allumer un lampion, et c’est très sincère. Il n’y aura aucun grabuge, pas un lampion mais plusieurs lampions. Il n’y aura aucun grabuge, ça durera cinq minutes et on sortira de l’église. Puis on vous promet – la promesse de tout le monde ici qui sont des gens honorables et valables, vous n’avez à avoir aucune inquiétude pour le patrimoine québécois.



10.46.22. Prêtre de l’église : Alors, je me fie à la parole de monsieur, et à votre parole. On est d’accord avec ça ? Moi, je suis en faveur de la prière ; je ne peux pas être contre.



10.46.32. Manifestant : C’est ce qu’on pense.



10.46.34. Prêtre de l’église : Ecoutez, puis je vais vous accompagner, ça vous va ça?.



10.46.36. Prêtre de l’église : Merci.



10.46.38. Manifestant : Comme vous dites là, on fait une petite prière et puis…



10.46.52. (Prière.)



10.47.25. Martin Lecuyer : Mon nom est Martin Lecuyer Je suis âgé de 65 ans. Je suis un orphelin de Duplessis, tout particulièrement d’Huberdeau. Je n’ai pu bénéficier du programme de réconciliation avec le gouvernement, étant donné que je n’ai pas été en institution psychiatrique. On n’a absolument rien reçu. Et puis ce qu’on aimerait avoir, c’est surtout la reconnaissance, qu’on reconnaisse les abus physiques et sexuels du temps passé.



10.47.50. Huguette : Je m’appelle Huguette. J’ai 62 ans. J’ai été en institution à plusieurs reprises, depuis l’âge de 3 ans : à l’hospice de Sacré-Cœur de  Sherbrooke et puis après ils m’ont envoyée à Saint-Michel-l’Archange où j’ai travaillé. Après ça au Mont-Providence. Et aujourd’hui, je leur demande qu’ils s’excusent, puis qu’ils me demandent pardon, parce qu’ils ne veulent rien entendre de tout ce que j’ai subi dans mon enfance, mon adolescence. Alors je veux qu’ils comprennent vraiment le pourquoi que je suis ici en ce moment.



10.48.22. Un homme : Aujourd’hui, j’ai 65 ans. Le Québec nous a volé notre enfance, puis là ils sont en train de voler notre vieillesse à lutter pour avoir une justice.



10.49.04. Joseph Sylvestre : Ben, j’étais chanceux. Grâce à cette femme héroïne, forte, bonne, je sais pas comment le dire, mais je l’ai tout – je l’ai aimée, cette femme-là, parce qu’elle n’a pas été sauvage envers moi. Elle m’a fait découvrir des choses. La plus belle chose qu’elle m’a fait découvrir en elle, c’est l’amour, c’est le partage. Puis ça a été merveilleux.



10.49.28. (Joseph Sylvestre et Thérèse Cherrier chantent ensemble.) Tu m'as donné un amour merveilleux, tu m'as donné ce qu'il y avait de mieux.



10.49.44. COMMENTAIRE : A 19 ans, Jacqueline devient danseuse dans des clubs de Montréal. Obligée de se prostituer, elle ne parvient pas à élever ses quatre enfants qui lui sont enlevés par les services sociaux.




10.49.56. Jacqueline Pearl-Rathier : Je vous remercie infiniment de m’avoir écoutée, c'est en espérant que le clergé va finir par faire quelque chose, juste pour qu’on ait un petit bonheur avant de s’en aller dans l’au-delà, parce que l’au-delà, ça doit pas être plus méchant qu’ici. Ça ne peut pas être plus méchant. Ça, j’y crois pas. C’est peut-être pour ça que je tiens tant à me suicider, à m’en aller dans l’au-delà.



10.50.32. Martin Lecuyer: Alors, il faut se battre contre les communautés religieuses, contre l’Eglise et contre le gouvernement. C’est une bataille qui n’aura peut-être pas de fin, qui est inégale pour ces gens  démunis là. C’est très malheureux.



Miséricorde







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MessagePosté le: 2009-01-04, 20:34    Sujet du message: « LES ORPHELINS DE DUPLESSIS » (Je faisais parties de ce documentaire) Répondre en citant

De : vasgauEnvoyé : 2005-01-05 12:22
Bonjours,               cé très dur à lire et rester sans émotions. Les autorités nous prouvent encore, qu'ils ne nous respectent pas, et que nous devons nous sentir encore des moins que rien, pour satisfaire ces irrespectueux.

Et oui!!!! je sais qu'il y a eu du bon monde parmis eux autres!! je ne visent que ceux qui veulent que NOUS prenions nos responsabilité.......mais que EUX se permettent de les fuirent.

Ils ont fait des erreurs, et cé NOUS qui payons encore la note.

Arracher une dent, parce qu'il a compté une mentri........oh boy!! faut le faire..........ca veut dire qu'il avait droit à 32 mentris..........ensuite, ils arrachaient quoi???

Je répète, au cas ou.............Je sais qu'il y a eu du bon monde parmis eux...................

Merci de nous partager ces textes Misericorde. Très apprécié.

Marc (Vasgau)



De : Inconnue821Envoyé : 2005-01-05 13:15
Miséricorde,
Ouffff, quelle lecture ce matin
Moi qui s'en allait près du feu
Pourquoi tant de sévices envers des enfants innocents?
Pourquoi en vouloir à ces enfants abandonnés?
Pourquoi les autorités ont fait cela?
Je me demande pourquoi les gens ont perdu la foi
en l'église....là je comprends....
Je crois que Dieu a oublié tous ses enfants-là ????

C'est vrai....les enfants étaient des moin que rien....

Une mère qui recherche son enfant et apprends qu'il est un enfant de duplessis, continue-t-elle ses recherches?

Un enfant de duplessis, peut-il rechercher ses parents biologiques....ses papiers sont faux comme ses antécédents médicaux?

Qu'ont-ils fait de l'argent de ceux qui étaient disparus? ou morts?

J'imagine que l'enfant qui devenait handicapé selon leur terme, ce n'était pas des enfants de riches familles ?

Nous, nous sommes chanceux d'être adopté.........malgré tout...... 

Bonne journée

Inconnue Sue



De : MiséricordeEnvoyé : 2005-01-05 13:40
Salut
 la grosse majorité et je dis bien la grosse majorité étaient des garçons, la plus part des garçons n'étant pas adopté vers l'âge de 6 ou 7 ans allaient dans des orphelinats ou des asiles ou sur une ferme pour la main d'oeuvre d`ss cette âge, c'était plus payant pour eux, 2.40 par enfant au lieu de .70 cents.

Et les enfants sur une ferme les personnes recevaient de $35.00 à $40.00 par mois par la Société de l'adoption pour  garder ses enfants et ils étaient habillé par la Société d'adoption et de la protection de l'enfance rue Sherbrooke à Montréal.

De Miséricorde


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MessagePosté le: 2009-01-06, 01:12    Sujet du message: « LES ORPHELINS DE DUPLESSIS » (Je faisais parties de ce documentaire) Répondre en citant

De : Miséricorde  (Message d'origine)Envoyé : 2005-04-09 16:46

 Ils étaient enterré dans une fosse commune   
De Miséricorde  
 
  

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MessagePosté le: 2009-01-06, 01:16    Sujet du message: « LES ORPHELINS DE DUPLESSIS » (Je faisais parties de ce documentaire) Répondre en citant

De : Inconnue821Envoyé : 2005-04-09 17:25
Miséricorde,
Je ne passerai pas de commentaires

J'imagine que l'enfant-mort
avait pour nom: inconnu

Bonne fin journée à toi

Sue


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MessagePosté le: 2009-01-06, 01:18    Sujet du message: « LES ORPHELINS DE DUPLESSIS » (Je faisais parties de ce documentaire) Répondre en citant

De : MiséricordeEnvoyé : 2005-04-09 17:53

Inconnue,
voilà ta réponse 

De Miséricorde



  

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MessagePosté le: 2009-01-06, 01:21    Sujet du message: « LES ORPHELINS DE DUPLESSIS » (Je faisais parties de ce documentaire) Répondre en citant

De : Hélène5034Envoyé : 2005-04-09 18:41
AYOYE!!! Hélène.


De : Inconnue821Envoyé : 2005-04-09 22:11
Oufffff
Enfant anonyme.....

Inconnue Sue



De : Kariann4Envoyé : 2005-04-10 21:42
Même si un enfant enfant naissait d'un couple marié,
s'il décédait avant d'avoir pu être baptisé, il était inscrit aux régistres : Anonyme de M. & Mme .........

Pourquoi aurait-il du en être autrement dans les crèches???

Kariann


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MessagePosté le: 2009-12-04, 20:17    Sujet du message: « LES ORPHELINS DE DUPLESSIS » (Je faisais parties de ce documentaire) Répondre en citant

  
 
  

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MessagePosté le: 2009-12-15, 21:30    Sujet du message: « LES ORPHELINS DE DUPLESSIS » (Je faisais parties de ce documentaire) Répondre en citant

Posté le: Mer 7 Jan 2009, 13:14

 Dans  les journaux  locaux  il y a  un avis  pour  les orphelins  de Duplessis   Si ces  personnes  n'ont pas  encore  fait  valoir  leurs  droits  ils  ont  encore  jusqu'au  2 février 2009 pour  le faire.

En connaissez-vous des orphelin(e)s de  Duplessis qui n'ont pas eu  leur rémunération ?

Message  pris  su le site  du gouvernement


http://www.mess.gouv.qc.ca/grands-dossiers/orphelins/index.asp


Le Programme national de réconciliation avec les orphelins et orphelines de Duplessis ayant fréquenté certaines institutions est un programme qui vise à verser une aide financière individuelle de 15 000 $ aux personnes communément désignées comme orphelins et orphelines de Duplessis qui ont fréquenté certaines institutions non psychiatriques. Les dates d’inscription initiales au Programme étaient du 10 avril 2007 au 10 août 2007.
Afin de traiter les dossiers reçus en retard et pour permettre aux personnes qui n’ont pas encore déposé leur demande de le faire, le Conseil des ministres a adopté un nouveau décret qui accorde un délai supplémentaire.
Les personnes admissibles au Programme national de réconciliation avec les orphelins et orphelines de Duplessis ayant fréquenté certaines institutions se voient donc accorder un délai supplémentaire pour déposer leur demande d’aide financière.

Les demandes doivent être reçues au plus tard le 2 février 2009.
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MessagePosté le: 2009-12-15, 21:33    Sujet du message: « LES ORPHELINS DE DUPLESSIS » (Je faisais parties de ce documentaire) Répondre en citant

Posté le: Ven 16 Jan 2009, 00:45 

Êtes-vous un orphelin de Duplessis?


Si oui, vous pourriez avoir droit à une aide financière. Le Programme de réconciliation avec les orphelins et les orphelines de Duplessis ayant fréquenté certaines institutions a été prolongé Une aide financière de 15 000 $ peut être accordée*.

Renseignez-vous dès maintenant. 1-866-225-0270 www.mess.gouv.qc.ca/orphelins.asp

 * Les personnes ayant déjà bénéficié d'une aide financière ne sont pas admissibles.
Date limite pour déposer une demande : 2 février 2009





    
http://www.mouvement-retrouvailles.qc.ca/fr/nouv_detail.asp?num=801     

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