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SE SENTIR ADOPTÉE SANS L'ÊTRE...

 
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Alicia
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MessagePosté le: 2008-12-13, 13:57    Sujet du message: SE SENTIR ADOPTÉE SANS L'ÊTRE... Répondre en citant

De : -lotusbleu123-  (Message d'origine)Envoyé : 2005-09-08 20:52
Bonjour
,

Je me suis sentie adoptée sans l'être, sans connaître peut-être la blessure primitive, d'accord, mais en ressentant les mêmes émotions que vous, malgré tout, jusqu'à l'âge de 20 ans
où là,  j'ai commencé à ressembler physiquement à une de mes soeurs.
  Je vous explique.


Étant la benjamine, la 4e d'une famille de 4, je me suis sentie telle une adoptée, une grande partie de ma vie.

Ma mère avait 44 ans à ma naissance et mon père avait 50 ans, donc, les deux étaient beaucoup plus âgés que la moyenne d'âge des parents de mes ami(e)s.  Était-ce mes vrais parents?
  Mon père avait les yeux bleus et les cheveux blonds et ma mère avait les yeux bruns et les cheveux bruns donc génétiquement parlant, je risquais à 50 % d'être brune aux yeux bruns ou alors blonde aux yeux bleus.  Mes deux soeurs et mon frères étaient blond(e)s aux yeux bleus ou pers mais les 3 consécutivement, c'était jouer de malchance.
  Si alternativement, un(e) avait été aux cheveux et aux yeux pâles et l'autre suivant, aux cheveux et aux yeux bruns, je pense que ça aurait fait moins jaser et je me serais sans doute posé moins de questions.  Mais moi, la p'tite dernière, le bébé, n'avait pas de ressemblance comme telle avec ma mère sauf la couleur des yeux et des cheveux mais ça s'arrêtait là.  Donc, en bas âge, je ne ressemblais pas à ma mère, ni à mon père, ni à mes frères et soeurs donc, moi aussi, je cherchais partout autour de moi des ressemblances...  De plus, oncles, tantes et ami(e) s de la famille renforçaient en moi cette idée d'adoption car on disait:  «C'est tu drôle, a r'semb' à personne vot' dernière!» C'est tu le boulanger ou le laitier qui a fait son tour?
... Avez-vous sauté la clôture?
(moi je n'y comprenais rien dans ma p'tite tête d'enfant... le boulanger, le laitier et une clôture faisaient quoi dans l'décor!
).   
En plus, j'ai su d'une façon «charitable» que j'étais un «accident»
...  un bébé Ogino...ça mange quoi en hiver quand tu as 8 ans?  Vous dire ce que j'ai fait pour qu'on aime, dans la vie, cette «accident»...ouf!!!...


J'étais aussi de taille différente des autres.  Ma mère artiste et verbo-moteur et moi pas du tout manuelle et très réservée (à l'époque
). 
Mon père était gérant de banque et moi la bosse des maths, pas ma tasse de thé.  Mes soeurs et mon frère faisaient toujours des acrobaties (étaient «physiques»).  Ma mère disait:  «ceux-là, on leur voit plus souvent les fesses en l'air que la face» mais pas moi...j'étais rêveuse!  Les autres étaient de grands livres ouverts et moi, un grand livre fermé (je me suis rattrapée depuis
).
 


Je me sentais vraiment adoptée et je croyais que mes parents voulaient me le cacher.
  Comme j'ai toujours voulu avoir des réponses claires à mes questions claires, je leur ai demandé une preuve de mon certificat de naissance qu'ils ne voulaient pas me montrer, en bas âge, parce que pour faire exprès, il y avait une erreur sur mon document (Charette au lieu de Charest) mais surtout parce qu'ils voulaient que je les crois, que je leur fasse confiance sans voir (St-Thomas, c'était moi
!).
  Ils passaient leur temps à me dire: «Où vas-tu chercher cette idée d'adoption?» Je regardais les albums de photos de famille en espérant que je ressemblerais à une cousine.  Aux noces et aux partys de famille, je regardais même les mains et les pieds des gens...pour vous dire, hen!
  Mes parents portaient du 6, très petits pieds donc pour mon père.  Ma pointure était du 9, de vraies chaloupes à côté de leurs chaussures!
 


Le seul dénominateur commun avec les autres était l'amour de la musique mais encore là, sans être parents et enfants, on peut très bien l'apprécier.  En outre, les autres jouaient bien d'un instrument et moi, les mains pleines de pouces, je ne sortais que les sons d'une vache beuglante avec mon violon
, une corne de brume avec ma flûte traversière
et un chien gémissant avec ma guitare
.  J'ai eu un piano jusqu'à il y a 2 ans, mais la Vache à Mayotte constituait mon plus grand répertoire
.  Faut croire que le boulanger ou le laitier n'étaient pas musiciens...


Wow...suis rendue loin...
 Mes parents, à mon adolescence, à cause de mon insistance, voire mon harcèlement, m'ont montré mon certificat de naissance et là, ils avaient bien raison, à cause de l'erreur sur l'extrait, j'ai douté encore plus...
Mais pourquoi recherchais-je tant à ressembler aux autres alors que certaines personnes voulaient justement se distinguer?  Moi aussi, je me sentais à part.  Je me cherchais une identité, pas d'estime de soi, très émotive, le désir de performer et de réussir, d'être aimée à nimporte quel prix même si j'étais différente des autres membres de ma famille. 


Le désir qu'on me reconnaisse pour celle que j'étais m'a poussée dans les bras du premier homme qui m'avait démontré un peu d'intérêt.  Je faisais tout pour lui plaire pour qu'il m'aime et de peur de le perdre... Je l'ai perdu et j'ai perdu aussi ma fille qu'on devait garder car on devait unir nos vies...Après l'adoption, j'ai vécu 2 peines d'amour, en fait, 2 abandons qui ont laissé des marques.  Depuis, j'ai toujours peur de blesser, de faire mal, de faire de la peine et qu'on m'abandonne...pourtant, on ne m'a pas abandonnée, à la naissance, j'avais mes origines, mes racines mais je ne les ressentais pas comme telles
.


Fiou, j'suis allée loin aujourd'hui.
  J'espère que ma longue histoire ne vous a pas trop ennuyés...un p'tit ego trip, en ce jour, on dirait.
  Je me suis souvent sentie comme venant d'une autre planète et pourtant, je n'étais pas adoptée. Y en a t-il d'autres comme moi qui se sont senti(e)s adopté(e)s sans l'être?


Voilà un p'tit bout de mon histoire de vie!

Affection,

Lotus Bleu xxx 



~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
Alicia

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MessagePosté le: 2008-12-13, 13:57    Sujet du message: Publicité

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Alicia
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MessagePosté le: 2008-12-13, 13:59    Sujet du message: SE SENTIR ADOPTÉE SANS L'ÊTRE... Répondre en citant

De : Inconnue821Envoyé : 2005-09-09 16:03
Bonjour Lotus ,
Je pensais que j'étais la seule qui venait de la planete Mars

Toi tu pensais venir de laquelle planète et te posais question mais moi on me l'a dit dans un certain bureau de T.S.

Beaucoup de questionnement mais toi tu as eu des réponses

Merci pour ton tit bout d'histoire

Sue



De : ♥Loly♥Envoyé : 2005-09-19 21:30
Bonjour Marthe,
tu sais, beaucoup de gens ont vécu la même chose que toi.  Dans beaucoup de famille naturelles, plusieurs se croyaient adoptés.  Cela arrive lorsque la personne se sent mis à part, ou, comme toi, qui se fait dire qu'il est un accident.  Il est vrai que ce faire dire ça suscite un sentiment de rejet puissant et pas facile à gérer car ce sentiment transmit par la mère est souvent ressenti avant la naissance.  Mais il ne faut jamais oublier que tu as grandis dans ta famille, tu n'as pas la blessure primitive. Tu n'as pas été coupée de ta mère, ton self n'a pas été brisé, tu t'es développée normalement car tu as eu la continuité du lien entre la vie prénatale et post-natale. Être coupé de cette relation avec sa mère ne se compare pas à quoi que ce soit d'autre.

Exemple:  On pourrait comparer ta blessure à une coupure à une jambe.  Ça fait mal et la douleur durera très longtemps. 

L'adopté lui, c'est comme si on l'amputait d'une jambe dès la naissance.  En plus d'être handicapé à vie, il vivra différentes blessures semblables à la tienne sur son autre jambe.  Ces blessures seront parfois plus profondes, parfois moins, selon l'événement, mais il devra en assumer la douleur en plus de sa jambe emputée. 

Chacune de ces nouvelles blessures lui rappeleront son amputation première.  Il paniquera possiblement jusqu'à ce qu'il réalise que la nouvelle blessure n'a rien à voir avec la première (l'amputation), d'où l'importance pour lui de savoir pourquoi il panique et comment se raisonner afin de faire la distinction entre la blessure présente et l'amputation.

Tu as souffert, oui c'est vrai, tu as été coupée et blessée, mais tu n,as pas été amputée. 

L'enfant placé en adoption est «amputé» et durant toute sa vie, il fera tout ce qui est en son pouvoir pour ne plus jamais revivre cette souffrance. Il fera tout ce qu'il faut pour être aimé afin de ne plus jamais être abandonné et vivre ce sentiment de rejet découlant de cet abandon.

La blessure primitive n'a rien à voir avec ce que tu as vécu. La souffrance peut se ressembler à un certain niveau mais la différence est aussi grande qu'entre une amputation et une mauvaise coupure.

Pour vraiment savoir ce que vit et ressent une personne placée en adoption, il faut l'avoir vécu.  Pareillement pour un enfant placé en adoption ne pourra jamais savoir ce que ressent une mère naturelle qui doit laisser son enfant, pour comprendre, il faut le vivre.

L'un et l'autre pourront compatir mais jamais vraiment comprendre tant qu'ils ne l'ont pas vécu.

Imagine maintenant la personne placée en adoption qui se fait mal traiter et rejeter dans sa famille d'adoption... La personne sait qu'elle est adoptée mais elle se demandera pourquoi elle l'a été... pourquoi ne pas l'avoir laissé à la crèche si c'était pour lui faire subir des mauvais traitements, tant physiques que psychologiques.  Déjà que cette personne vit la blessure primitive, elle doit gérer sa petite vie d'enfant dans la peur et la souffrance... elle doit survivre à tout ça....

Une amie me dit souvent que les adoptés sont des survivants.  Ceux qui criaient le plus avaient leur boire, tandis que ceux qui ne se réveillaient pas risquaient de dormir à tout jamais.  Si donc nous sommes ici aujourd'hui, c'est que, dès notre plus tendre enfance, nous avons acquis des forces intéressantes, nous avons été dès le départ, des combattants et des survivants.

Oui nous avons une blessure terrible mais le fait d'en être conscient et de comprendre cette blessure nous aidera et nous donnera les armes nécessaires afin de faire face à la vie et, finalement, être vainqueur sur cette blessure primitive.

Lyne


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Alicia

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