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Marilam dit: MA VIE

 
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Alicia
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MessagePosté le: 2008-12-08, 20:22    Sujet du message: Marilam dit: MA VIE Répondre en citant

De : marilam85Envoyé : 2003-06-15 20:10
 
J'écris ma vie   
Prologue   
 
Le petit vent aigre de novembre soufflait sur les premiers flocons de neige.  Les feuilles mortes semblaient animées d`une vie propre et jouaient à cache-cache avec les troncs d’arbres dénudés.  Derrière les vitres de l’auto un jeune couple était serré l’un contre l’autre comme si les derniers jours qu’ils passaient ensemble avaient arrêtés le temps.  Elle ressemblait à une petite poupée engoncée dans son grand manteau de laine brune.  Un grand collet de loutre assorti à au chapeau qu’elle tenait à la main complétait sa tenue.  Ses pensées s’envolaient vers ce mari vite épousé dans la course au mariage de cette drôle de  guerre.  Déjà ses traits s’estompaient aussi lointains que cette  Normandie qui l’avait tué.  Ses rêves d’enfants, de confort, de nid douillet s’étaient envolés.  La lettre platonique du Ministère de la Guerre lui avait mentionné qu’il était un héros qui avait défendu son pays. Mais il ne serait jamais son héros à elle.  Son esprit romantique avait été frustré et courageusement elle avait repris sa vie.  Elle était maintenant caissière à la quincaillerie du village et les jeunes hommes qui l’avaient approchée depuis quatre ans, attirés par sa gentillesse et son sourire avaient étés repoussés.  Jusqu’à cet été-  là………Lui, était tout à fait différent.  Grand efflanqué avec des épaules larges, des bras et des jambes à  n’en plus finir, un front haut dénotant son intelligence, il avait à peine trente ans.  Ses mains calleuses et ses muscles saillants dénotaient les efforts investis dans son commerce de bois.  Trois mois par année il descendait de son Abitibi natal question de négocier sa production.  Les acheteurs connaissaient sa rigueur et son honnêteté en affaire.  Cette année , son séjour lui avait paru bien court. Il avait rencontré cette jeune veuve de vingt-six ans, douce , rêveuse , réservée. Il lui avait semblé qu`elle seule pourrait illuminer sa solitude là -haut dans les grands boisés.  Mais ce grand taciturne n’avait pas trouvé les mots pour exprimer son désir d’elle.  Ce soir , à la presque veille de son départ, il espérait bien arriver à lui parler.  Mais c’était un soir de tendresse et les mots étaient superflus.  La jeune biche effarouchée semblait s’apprivoiser. Avec beaucoup de respect, il lui avait donné ses premiers baisers et doucement elle perdait de sa raideur. De son coté, la jeune femme se rappelait la chaleur des bras de son époux trop vite disparu.  Son corps et son esprit soupiraient après cette intimité que seuls connaissent les amants.  Son sentiment de culpabilité était atténué par l’urgence de ce départ.


Je crois bien que c’est cette nuit-là  qu’est née la petite  Estelle.

Elle gardait du départ précipité de son amant un goût amer.  Son père et ses frères ne la voyant pas revenir après son travail étaient partis à sa recherche.  Depuis son veuvage, la famille s’était rapprochée d’elle et lui avait aménagée une  chambre à elle seule dans la  maison familiale. Dans cette grande maison de ferme , il y avait de la place pour accueillir l’aînée des filles.  Cet arrangement faisait bien son affaire et la rassurait.  Pour elle les liens familiaux étaient très importants.  Donc ce soir-là après des recherches infructueuses dans le village ils avaient pris la direction de la ville suivante.  Près d’un motel au néon clignotant ils avaient repérés la voiture de l’ami de la jeune femme .  Le scandale avait éclaté et le jeune homme avait reçu l’ordre de retourner dans ses terres et de ne jamais reparaître au village.  Le silence réprobateur et les regards sous-entendus l’avait blessée au plus profond de son âme.  Son retour à la maison avait été souligné par les larmes de sa mère  et les grands yeux interrogateurs de ses jeunes sœurs.  Plus jamais on avait reparlé de cet incident mais ses rapports avec ses proches avaient changés.  Quelques mois plus tard, elle avait su que le fruit de son amour défendu croissait dans son ventre.  
Malgré les corsets et les bandes, la faute paraissait aux yeux de tous .Il lui était désormais défendu de paraître au village ou à l’église sous peine de déshonorer sa famille.  Alors sous la pression de Monsieur le Curé et de sa mère, son père l’avait amenée à la Crèche de la Miséricorde ou elle travaillerait en attendant ce bébé de l’opprobre.

Le printemps lui semblait bien long et la joie du renouveau de la nature semblait terni.  Tout le monde était d’accord sur un point.  Il fallait trouver à cet enfant des parents légitimes et elle reprendrait sa vie normalement après ses ¨ vacances ¨ à Manchester chez son oncle Isidore. Tel était donc sa vie future tel que conçue par les autres.

Juin et sa chaleur était interminable.  Le bébé devait arriver bientôt au début de juillet. Tout en lavant et frottant les couloirs de l’institution, elle l’avait senti remuer et maintenant il pesait lourdement sur son bas-ventre.  Sa dernière vision avait été les tenailles qui devaient extirper son enfant de ses entrailles. Alors son esprit s’était révolté.  Son enfant, l’enfant d’un soir de passion serait à elle malgré toutes les pressions .Sa décision était prise.  Elle travaillerait, paierait sa pension et lui organiserait une vie auprès de sa mère.  Elle aiguillerait sa vie vers son désir de l’avoir près d’elle.

-¨ Donnez-moi trois mois et je te ferai un château. ¨
-¨  Donnez-moi trois mois et je vais étouffer le scandale de ta pauvre naissance. ¨

La petite fille était jolie comme un cœur mais selon les règlements de la maison elle ne l’avait pas encore vu. Ce n’était que lorsqu’elle viendrait la chercher qu’elle pourrait la prendre dans ses bras.  Moyennant une pension les religieuses garderaient la petite.  Arrangements furent pris pour le début de septembre.
L’appartement était petit. Par les quatre marches donnant sur l’arrière cour de la grande maison elle avait accès directement à sa cuisine.  Devant sa minuscule fenêtre la table pimpante recouverte d’une toile cirée à carreaux rouge et blanc donnait de la vie à la pièce. La chambre pouvait contenir un grand lit , un paravent et le berceau de son petit trésor. Durant sa grossesse ,elle avait confectionner tout le trousseau de son bébé mais les religieuse l’avaient gardé.  Elle le reprendrait quand elle irait chercher sa petite Estelle.
Ses parents généreux avaient acceptés ses choix, tout en lui mentionnant qu’elle devrait bientôt trouver un père à cet enfant illégitime.  Ils l’avaient aidées à déménager et son père lui avait fabriqué un joli petit cheval de bois.  Elles seraient heureuses toutes les deux.

Au milieu d’août déjà la senteur des feuilles mouillées , la fraîcheur du temps et les récoltes qui commençaient annonçaient l’automne.  A Montréal , il faisait encore une chaleur étouffante lorsqu’elle se présentât  à la Crèche.  Elle avait gardée dans ses souvenirs  l’odeur particulière de ces grands couloirs faite de pommes pourries, de lait suri, de caustique.  Elle était mal à l’aise devant la supérieure se sentant tellement fautive. Il était neuf heure du matin.

D’un ton hautain, la religieuse lui exposa la situation
-``Mademoiselle, vous avez enfreint les lois de notre Sainte Mère  l’église .Un enfant hors des limites du mariage est un péché mortel et vous expose à l’excommunication.
Cet enfant n’aura pas de père puisque vous avez refusée ainsi que vos parents d’avertir le père naturel. Quelle sorte de vie pourrez-vous lui donner ?..A son entrée à l’école elle sera la risée de tous.  Et votre parenté ? Y avez-vous songée ? Tout le mépris du village retombera sur les épaules de vos parents .

-`` Et c’est pourquoi nous vous proposons une dernière fois de donner cet enfant en adoption.  Nous avons en vue un couple désirant à tout pris une enfant à choyer. C’est une  famille chrétienne qui donnera à votre enfant un nom , une bonne éducation et surtout un foyer sain.
-``NON…``Le cri  se répercuta à travers les couloirs sombres  rebondissant sur les murs blancs de la chapelle ,  envahissant le cœur de tous.

L’heure du midi était depuis longtemps passée et sans boire ni manger elle résistait toujours à cette solution. Ses larmes l’avaient épuisée et dans son esprit tout était confus.  Toujours les même arguments répétés à l’infini  l’avait convaincu que les religieuses n’avaient peut-être pas tort.  Mais elle ne pouvait non plus concevoir revenir les bras vides après tous les efforts qu‘elle avait mis  à préparer sa venue.

Il était sept heure du soir et ces quelques heures avaient déterminées l’avenir d’Estelle. Les papiers finalement signés, les religieuses l’avaient assurée qu’elle serait choyée et que la confidentialité de son adoption serait préservées à tout jamais.

La vérité était toute autre.  La petite avait déjà  été confiée à ce couple depuis deux semaines.
                                                                
Cette histoire complètement romancée est fictive.  Elle est tirée des quelques feuilles que j’ai  reçu des services sociaux du Grand Montréal.  Après plusieurs années de recherche de mes origines , je n’avais que ces quelques papiers . Alors cette histoire m ‘a aidée à combler le grand vide que j’avais dans mon  cœur.  Je me suis donnée le droit de rêver…Mais je n’ai jamais été malheureuse  avec ma famille adoptive , loin de là.   J’ai reçu plus d’amour que la majorité des enfants.  Finalement les religieuses avaient-elles raison?  Probablement  que je ne trouverai jamais  mes liens de sang, c’est pourquoi je veux vous présenter les merveilleux parents que j’ai eue .

Marielle
marilam85@hotmail.com



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Dernière édition par Alicia le 2008-12-08, 20:25; édité 1 fois
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MessagePosté le: 2008-12-08, 20:22    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: 2008-12-08, 20:24    Sujet du message: Marilam dit: MA VIE Répondre en citant

De : Kariann4Envoyé : 2003-06-15 22:04
 Allô Marilam,
Je viens de lire ton histoire "fictive".
Triste et belle à la fois ; car il y a tellement d'amour dedans !
Pour certaines cependant , je crois qu'elle n'est pas si fictive que ça ! Je pense qu'il y en a que, si elles pouvaient  lire cette histoire elles se reconnaitraient .
Tu dis que tu t'es permi de rêver , bien souvent le rêve , c'est ce qui nous permet de tenir et comme tu ne dérange personne en rêvant , alors paye toi la traite....
 


Pour terminer je veux te dire que tu écrit très bien . Bravo !!!

Kariann



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MessagePosté le: Aujourd’hui à 10:20    Sujet du message: Marilam dit: MA VIE

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