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À Natacha, mon petit cœur, notre histoire

 
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Loly
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MessagePosté le: 2008-11-28, 20:50    Sujet du message: À Natacha, mon petit cœur, notre histoire Répondre en citant

De : Nanie  (Message d'origine)Envoyé : 2002-01-14 23:44
À Natacha, mon petit cœur,
Je t’écris aujourd’hui, dans l’espoir que tu voudras bien me lire un jour.

Il est en effet très important pour moi que tu connaisses ton histoire, notre histoire… Bien sûr, j’aurais bien aimé te la raconter de vive voix, mais je sais que pour le moment, tu ne souhaites pas me connaître, et je te comprends. Comme tu dois t’en douter, ce n’est pas une conte de fée, et je n’en suis pas très fière, mais je n’ai pas mieux à t’offrir, j’en suis désolée.

Voilà, je suis née dans une grande famille, je suis la quatrième des six enfants que mes parents ont eus. Je n’ai pas beaucoup de souvenirs de mon enfance, à part que mes parents étaient toujours très fiers de moi, parce que je travaillais bien à l’école, j’ai toujours été la meilleure élève et ils en étaient heureux. D’autant plus que mes parents sont des gens très strictes, qui accordent beaucoup d’importance à leur intégrité et à leur honneur. C’est pour cette raison aussi qu’ils m’ont presque cloîtrée à la maison pendant tout le temps que je vivais avec eux. Je ne connaissais que les enfants qui étaient en même classe que moi et nos voisins directs, et jusqu’à mes vingt ans, âge où je les ai quittés, nous avons changé trois fois de maison. Tout cela pour te dire à quel point j’étais naïve et ignorante.

À quinze ans et demi, je suis tombée amoureuse pour la première fois… Enfin, c’est ce que je croyais… C’était le fils d’un de nos voisins. Il avait dix huit ans et demi. Il me disait qu’il m’aimait et qu’il m’aimerait pour toujours, et j’y ai cru. Je lui ai donné tout mon amour, en toute confiance.

À seize ans et demi, un mois après mes examens du baccalauréat, je me suis rendue compte que j’étais enceinte de toi. Tout au fond de moi, j’étais la plus heureuse du monde, mais j’étais terrorisée par la peur de mes parents. Contre vents et marées , j’étais prête à te garder, c’est pour cela que j’ai caché la vérité à mes parents. Mais malheureusement, quelque chose a gâché mon bonheur. Quand j’ai annoncé la nouvelle à ton père, il a paniqué, et tout ce qu’il m’a dit c’est qu’il fallait absolument trouver le moyen de me faire avorter le plus rapidement possible, avant que cela ne se sache. Je ne m’attendais pas à sa réaction… je me suis sentie d’un coup toute seule et abandonnée. Bien sûr, il a cherché tous les moyens, mais il n’a pas trouvé, vu que tous les deux, nous étions encore des lycéens et que nous n’avions pas les moyens de faire ce genre de chose. Il est vrai aussi, que je n’ai rien fait pour l’aider. Tout ce que j’ai fait c’est de me renfermer sur moi-même et d’attendre que mes parents découvrent la vérité par eux-mêmes. Je me suis dit que quand ils seront devant le fait accompli, ils ne pourront plus rien dire ni rien tenter contre toi… mais c’était sans compter sur leur grande étroitesse d’esprit… donc, là encore, j’étais déçue.

J’arrivais à 5 mois de grossesse, quand ma mère m’appelait pour me dire qu’elle sait ce que je cache, et pour m’envoyer à la figure tout ce qu’elle pensait de moi. Entre autres, que j’étais la honte de la famille, que j’étais une ingrate, une dévergondée, et j’en passe. Bien sûr, elle aussi a cherché le moyen de me faire avorter. Mais aucun médecin n’a voulu prendre la responsabilité d’un tel acte, d’autant plus que j’étais mineure.

Ce qui fait que mes parents n’ont rien trouvé d’autre que de me mettre en quarantaine la chambre la plus retirée de notre maison pour que personne ne me voie. Ils m’ont cachée ainsi jusqu’à ce que ma grossesse arrive presque à son terme. Et ils racontaient des mensonges, aux amis qui venaient à la maison et demandaient de mes nouvelles. Et tous les jours, ils ne rataient jamais l’occasion de me dire que je les ai profondément déçus, que je ne suis qu’une moins que rien, etc. Bien sûr, ils faisaient des reproches à ton père aussi, mais celui-ci se défendait en disant qu’il ne m’avait jamais touchée et que cet enfant n’était pas le sien. Et il s’en est tiré à bon compte.

À l’approche de l’accouchement, mes parents ont décidé que ce n’était pas prudent de me laisser accoucher à Antsirabe (ville où nous vivions) parce que la ville étant petite, la nouvelle se répandrait aussi rapidement qu’une traînée de poudre, et qu’ils seraient submergés par la honte. Ils m’ont emmenée à Antananarivo et m’ont déposée comme un vieux sac, chez des gens qui habitaient un peu à l’écart de la ville, toujours pour faire plus discret. Bien sûr, il n’était pas question que je garde l’enfant. Il fallait s’en débarrasser dès la naissance. Je lais ai supplié de ne pas me séparer de mon enfant, mais rien n’y faisait. Ils m’avaient dit que si je voulais garder mon enfant, eh bien j’allais devoir me passer de leur aide. Qu’ils m’abandonneraient, et qu’il ne fallait plus les considérer comme mes parents. J’étais pieds et poings liés, d’autant plus que mes parents ne m’ont jamais appris à me débrouiller. En fait, ils m’ont élevée dans le seule principe que sans eux, je ne suis plus rien du tout. Et j’y croyais ferme.

Toute la durée de ma grossesse, je passais mon temps à réfléchir au moyen de garder mon bébé, et à pleurer de désespoir parce que je savais que je n’avais pas d’autre choix que de me soumettre à mes parents. Je ne pouvais pas me résoudre à te voir souffrir dans la misère avec moi. Pour moi, tu méritais mieux, beaucoup mieux. Je ne voulais pas qu’un innocent souffre à cause de moi, par égoïsme, tout simplement parce que je ne voulais pas m’en séparer. Je voulais au moins que l’un de nous soit heureux.

Ainsi, le 24 mars 1992, tu es née à la maternité de l’hôpital Joseph Ravoahangy Andrianavalona (Antananarivo), à 12h 45mn, très précisément. J’ai eu un accouchement difficile, car je n’avais pas beaucoup de force, j’étais maigrichonne, vu que j’ai beaucoup souffert pendant ma grossesse. Je t’ai donné mon nom de famille, et je ne sais pas pourquoi, j’ai tenu à ce que nous ayons les mêmes initiales : RFN

Trois jours après ta naissance, on nous a ramenées dans une autre maison, celle que mes parents louaient pour ma grande sœur qui faisait ses études universitaires à Antananarivo. Ma mère s’occupait à contrecœur de nous pendant la semaine où elle attendait impatiemment de voir arriver la personne qu’ils ont contactée, et qui leur avait promis que des gens étaient prêts à adopter tout de suite.

Malheureusement pour elle, je ne sais pas ce qui s’était passé, mais les gens en question n’étaient pas venus. Néanmoins, ma mère ne voulait pas te garder trop longtemps, c’est pour cela qu’on lui a proposé le centre que tu connais sûrement, le temps de te trouver une famille adoptive.

Après cela, je me suis entièrement consacrée à mes études pour essayer de penser un peu moins à toi. J’étais étudiante en lettres françaises. Après ma licence, j’ai trouvé du travail, et je me suis mariée. Un an et demi après mon mariage, j’ai mis au monde un petit garçon. Il a maintenant trois ans. Je lui parle souvent de toi, même s’il ne comprend pas encore grand chose à ce que je raconte.

Voilà ma petite fille, maintenant tu sais tout. Je ne voulais pas me justifier. Je ne te demanderai pas non plus de me pardonner. Je voulais simplement te dire quelque chose que je n’aurai peut-être jamais l’occasion de te dire en face et que je veux absolument que tu saches : JE T’AIME MA PETITE NATACHA. Où que tu sois, quoi que tu fasses, saches que tu es toujours dans mon cœur, que pour moi, tu es toujours ma petite fille. Sois courageuse et heureuse, c’est tout ce que je te souhaite.

Si le cœur t’en dit, écris-moi. Je te donne deux adresses mail pour que tu puisses me contacter rapidement :

Bien sûr, mon vœux le plus cher est de te revoir un jour et de te serrer dans mes bras, de t’entendre me dire que tu m’aimes, mais je me contenterai d’avoir de tes nouvelles, si tu le veux bien.Je pense que je vais arrêter là, même si j’ai encore beaucoup de chose à te dire. Je prie pour toi et pour nous tous les jours, et je te souhaite bonne chance dans ta vie. Je souhaite que tu sois heureuse, plus heureuse que moi. Je t’embrasse très très fort.Ta maman qui t’aime

Nadia Faratiana RAZAFINDRAMBOA

PS. La seule chose positive que je puisse retenir de notre histoire, c’est que toi et moi, peut-être bien malgré nous, mais nous avons contribué au bonheur de deux personnes qui n’ont pas eu la chance d’avoir un enfant à eux : tes parents adoptifs. Prends bien soin d’eux ma chérie et fais en sorte que rien n’altère à leur bonheur et à leur chance de t’avoir pour fille. C’est la seule consolation que j’aie. Je réitère mes vœux de bonheur pour toi et toute ta famille, que j’espère connaître aussi un jour.

Ne désespère pas mon cœurAvec beaucoup de patienceToute peine et souffranceAboutit au bonheurC’est ainsi que je veux te voirHeureuse, et ayant pour devoirAffection, amour et espoir


















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MessagePosté le: 2008-11-28, 20:50    Sujet du message: Publicité

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Loly
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MessagePosté le: 2008-11-28, 20:52    Sujet du message: À Natacha, mon petit cœur, notre histoire Répondre en citant

De : __LOLY__Envoyé : 2002-01-21 17:49
Nanie, ton histoire est vraiment très touchante.Je te souhaite vraiment de la trouver ta fille.  Je sais bien que, si elle lit ton histoire, elle ne pourra faire autrement que t'aimer de tout son coeur.

Les souffrances des mamans se rejoignent toutes.  Le jour où tu trouveras ta fille, tu trouveras aussi la consolation et la paix.

Tu as fais ce que tu pouvais, tu n'avais pas le choix, pas le droit.

Bon courage dans ton cheminement Nanie.

Lyne


De : Denise-allard1Envoyé : 2002-01-15 13:25
bonjour Natachaje suis bien heureuses de avoir lu ton histoire,ces tres touchant,je trouve que tu sais tres bien t'exprimer,
ces vraix que nos parent par la peur des cadiron ton nous font grand mal en esseyant de toute effacer nos sois disant erreur
moi aussi j'aurais bien aimer choisir,et quand il ont donner ma fille j'aurais aimer que au moins il me donne la permission de suivre ses pas dans la vie et que les parent que eux lui ont choisis me donne regulierement de ses nouvelle,mais selon les suposer grande personne qui save ce qui es mieux ont peur de toutes les concequance
moi heureusement jai trouver ma fille,elle me cherchais elle aussi
nous nous parlon sur notre ordi regulierement
je ne lui ecrit pas de longue lettre,je suis bloquer par notre difference le langue elle parle et ecrit que en anglais et moi je parle tres peux en anglais et las je commence a savoir ecrire quelquemot en anglais
mais quelle joie de savoir retrouver
je lit aussi que tu parle de elle a ton fils,ces supermoi jai toujours parler comme celas a mes enfants
et comme celas ton mari est au courant????
qui sais peutetre tout comme moi ton fils t'aideras,moi ces surtout mon fils qui m'as aider a contacter des gens et ces grace a plein de gens sur ces site qui m'ont aider
je te souhaites le bonheur que toi aussi tu trouve ta fille et que apres le bonheur continu
je suis heureuses jai retrouver ma fille et toutes son monde



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MessagePosté le: Aujourd’hui à 11:36    Sujet du message: À Natacha, mon petit cœur, notre histoire

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